mik dupont UA-70672535-1

04/11/2017

Entre soupes froides ou chaudes espagnoles

catalogne.jpgBien difficile de se prononcer sur ce qui se passe  en Espagne. L’historien trouvera les racines du  mouvement séparatiste actuel  dans l'histoire de l'État espagnol. Catalogne, victime du gouvernement central éternel oppresseur. Traumatismes anciens, un peu comme en Flandre, remis en selle par un opportunisme nationaliste repris par divers partis tant de gauche que de droite. Carles Puigdemont est soutenu, si je ne me trompe, par une coalition hétéroclite : le PUC, un parti indépendantiste d'extrême gauche, l'ERC un parti de centre gauche nostalgique de la République et le Parti démocrate européen catalan (PDeCAT), libéral en économie et conservateur sur les sujets de société.

Mais comme toujours, s’il y a le sentiment sans doute réel d’appartenance culturelle, il est aussi question de gros sous. Les progrès de la visibilité de la cause indépendantiste catalane proviendraient aussi de deux associations puissantes : Omnium et l'Assemblée nationale catalane (ANC). Celles-ci ne jouissent pas que des cotisations de ses adhérents. Omnium reçoit des subventions importantes par la Généralité, l’organe exécutif catalan. L’ANC, elle, ne recevrait aucune subvention publique et ses revenus seraient liés à la vente de ‘goodies’ aux couleurs de la Catalogne. Ses comptes restent très flous. Sous couvert de démocratie, d’Etat de droit et toute la panoplie d’arguments de l’intérêt général du peuple en dehors de tout intérêts personnels et de groupes, ces leviers réels d’influence pour ressortir le drapeau catalan ne peuvent être masqués.

Tant les meneurs des partisans de la sécession, que ceux de l’union sont certainement guidés par des motivations bien autres que celles criées dans la rue. Je crois vraiment peu au mouvement de progrès réel que véhicule la cause indépendantiste catalane.

Ce ne sont pas ces « leviers » qui aideront au renversement du capitalisme. Marx écrivait que « La nationalité du travailleur n’est pas française, anglaise, allemande, elle est le travail, le libre esclavage, le trafic de soi-même. Son gouvernement n’est pas français, anglais, allemand, c’est le capital. L’air qu’il respire chez lui n’est pas l’air français, anglais, allemand, c’est l’air des usines. Le sol qui lui appartient n’est pas le sol français, anglais, allemand, c’est quelques pieds sous la terre. »

Il me semble que la gauche pourrait soutenir parfois la légitimité des mouvements indépendantistes que pour autant, comme le disait Lénine, que cette reconnaissance ne tourne pas à l’apologie du nationalisme ; qu’elle se borne strictement à ce qu’il y a de progressif et ne conduise pas à obscurcir la conscience prolétarienne par l’idéologie bourgeoise.

Tant les politiques défendues par Mariano Rajoy que celles de Carles Puigdemont ne sont en mesure d’améliorer le quotidien de la majorité de leurs partisans, ainsi écartés ou distraits des vrais enjeux que sont la justice et l’égalité sociale. Ni l’Etat de droit, ni l’auto-détermination du peuple ne sont en fait le vrai enjeu. C’est ce que je crois, en ne lisant que ce qui en est rapporté par des avis bien différents et sans doute plus compétents que le mien.

Je ne boirai ni les soupes chaudes servies par Puigdemont, ni les froides servies en plus de maniéré violente par Rajoy !

00:56 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |