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05/11/2017

"Le Che à mort"

che à mort.JPGMarcela lacub , auteure du « Le che à mort » était ce samedi chez Ruquier dans ONPC. Interpellant. Perso, j’avais déjà lu des interviews. Voir l'homme, et non pas le mythe est instructif. Je crains cependant que la recherche de cette dame alimente une récupération politique diabolisant le communisme. L’auteure insiste pourtant sur la ridiculité de faire d'Ernesto Che Guevara un djihadiste version communiste. Et pour cause puisque le principe de suicide pour la révolution est totalement étranger à l'idéologie communiste.

Cette précaution prise, le travail documentaire de Marcela lacub semble sérieux et honnête d’autant qu’elle ne prétend pas avoir écrit une biographie du Che. Son approche est bien plus restrictive. Elle s’est essentiellement penchée sur son rapport avec la mort. Un rapport marqué par une sorte d’identification permanente avec des personnages fictifs, littéraires qui aurait entraîné une transformation de celui-ci. Il y a très probablement dans cette analyse psychologique une part de vérité. De là, mais pourquoi pas, à faire du Che un personnage bicéphale, parfois à la limite de la schizophrénie, avec d’un côté Ernesto, de l'autre le Comandante. Nous aurions d’ailleurs tous en nous un côté Docteur Jekyll et M. Hyde.

La construction du personnage du Che devait permettre à Ernesto, ou « Ernestito » comme aimait l'appeler sa tante, de sauver l'honneur de la famille, aristocrates déchus. Rien d’exceptionnel dans cette interprétation. La construction de notre personnalité est marquée par nos souffrances d’enfance. La seule chose qui semblait intéresser le Che aurait été alors la perspective de sa propre gloire. Une gloire vite liée à la mort, et non à la médecine ou à la politique. Thèse confirmée par une lettre adressée à sa mère, dans laquelle il exprimait qu'il rêvait d'être criblé de balles. A partir donc de cette « projection », l’auteure pense que, comme certains terroristes d'aujourd'hui, il a cherché une idéologie en vogue, en l'occurrence le marxisme, à laquelle l'ensemble de l'Amérique latine pouvait se rallier. Cette idéologie porteuse serait alors instrumentalisée par le Che, qui l'utilise à ses propres fins. Par exemple, lorsqu'il s'embarque avec Fidel Castro pour Cuba, un pays dans lequel il n'a jamais mis les pieds et où il est néanmoins prêt à mourir, pour suivre un homme qui n'a alors rien de communiste ! Il voulait faire la guerre, c'est la seule chose qui l'aurait intéressé.

Etonnant alors de voir Le Che, qui rêvait et planifiait sa mort depuis si longtemps, reculer lorsqu'il est capturé : il veut sauver sa vie. Et, selon l’auteure c’est justement ce revirement qui fait la grandeur du Che, son désir final de vivre. Il y a toujours quelque chose en soi qui lutte pour la vie, dit-elle. Et malgré toutes les horreurs dont il est responsable, il y a cette étincelle d'humanité qui subsiste. Il veut vivre. Ce que j'ai voulu montrer dans ce livre, c'est que nous avons tous quelque chose de lui en nous, dit-elle avec raison.

Ce que je retiens en tout cas, de façon plus générale, est que nous devons nous méfier des personnes qui deviennent des personnages et s’y identifient. Etre fan mène souvent au fanatisme et à l’absence du sens critique. Faire une confiance absolue aux leaders est dangereux. Vaut mieux s’attacher aux valeurs idéologiques qu’aux idéologues. Ni Dieu, ni maître, mais solidarité avec les vrais défenseurs de justice sociale, économique, culturelle. Solidarité avec ceux qui défendent une autre répartition de richesses qui passe, si elle veut vraiment s’incarner et réussir, pour moi, par la lutte des classes.

Mais surtout comme chante Brassens : Mourons pour des idées, d'accord, mais de mort lente, D'accord, mais de mort lente !

02:34 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |