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07/11/2017

De la justification démocratique

cata10.jpgQu’est-ce que ce mot démocratie ne cesse d’être employé à toutes les sauces. On en remet encore des couches avec la problématique espagnole. On justifie par ce mot le tout et son contraire. Voilà qui prouve peut-être que nous y sommes bien en démocratie car elle sera toujours vouée à une controverse indéfinie sur le juste, l'injuste, le légitime l'illégitime… Un régime démocratique est celui qui permet de nous identifier comme participants à une forme de vie partagée sur des principes normatifs à justifier, à critiquer, à refuser …

L’exemple du conflit entre l’Espagne et la Catalogne est significatif d’une dérive grave du principe de l’agora. Rajoy brise tout dialogue et veut imposer par le terrain juridictionnel ce qu’il n’a pu obtenir sur le terrain électoral en Catalogne. Scandaleusement l’U.E. lui emboîte le pas quand il cautionne la criminalisation des opposants à Madrid. Ceux qui y voit une méthode utilisée de tout temps par toutes les dictatures, par tous les régimes autoritaires, ont raison de le dénoncer. Les Michel, Reynders et Cie qui crient au totalitarisme politique des système communistes, ne se gênent pas d’être complices d’une criminalisation d’un conflit qui devrait ne rester que politique.

Le fondement de la démocratie est bafoué quand on taxe l’opposant de criminel. Quand le droit et la justice deviennent des instruments de pouvoir et non de contre-pouvoir

Il ne nous faudrait pas banaliser cette dérive. Elle se retrouve bien ailleurs que dans l’immédiateté des conflits qui font la Une. C’est le même autoritarisme sournois qui se joue chez ceux qui se disent les champions de la liberté. Les contre-pouvoirs sont visés dans les démocraties européennes. On s’en aperçoit en Belgique, en France où le rôle des syndicats est mis à mal avec l’intention de le réduire  à sa plus simple expression. On crie à la liberté du travail, à la prise en otage, avec le pas supplémentaire de voir des actions syndicales criminalisées.

L’ampleur du problème à partir d’un simple conflit régional est bien celui de la justification démocratique. La droite veut nous imposer un nouveau totalitarisme sous une façade de démocratie. Au-delà du concept, c’est surtout un totalitarisme du Capital. Celui dicté par le profit d’abord des grandes multinationales. Pas étonnant de voir les patrons espagnols contremanifester face aux bourgmestres catalans venus soutenir les indépendantistes. Les guerres civiles sont aujourd’hui des guerres de la communication.

Non, Mister Reynders, il ne s’agit pas d’un problème interne à l’Espagne et encore moins un problème juridictionnel. Ce ne sont pas les autorités judiciaires qui doivent le régler. C’est un problème européen de démocratie.

 

 

 

10:20 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |