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15/11/2017

Les limites du secret professionnel

confess%20installe.jpgUn prêtre risque aujourd’hui d’être poursuivi en justice pour ne point avoir révélé les pensées suicidaires qu'un fidèle lui aurait confiés en « confession ». Rien d’étonnant à voir la remise en cause de ce secret dit sacramentel à une période où la transparence est devenue une vertu capitale dans notre société. Elle est de mise, non seulement dans le domaine public, mais aussi dans la vie privée que l’on dit pourtant protégée par la loi. Le secret professionnel des médecins, des travailleurs sociaux et psys, des avocats n’est plus absolu. Le secret de l'instruction judicaire connaît des failles. Le secret de vivre en concubinage, en cohabitation, etc. est de plus en plus « bafoué ». Celui, par contre, du secret bancaire reste bien protégé !

Les jeunes, dans notre société se laïcisant de plus en plus, ne connaissent plus le confessionnal de notre enfance. Les péchés véniels ou mortels, en référence à la doctrine catholique, sont ignorés et obsolètes. On parle bien plus de culpabilisation. Le recours aux psys a remplacé celui de l’absolution du curé, qui pourtant, elle, était gratuite !

Notre société a pris conscience des couleuvres que l’Eglise nous faisait avaler. Si la peur de la mort subsiste, celle de l’enfer a disparu. On tente bien plus de s’en affranchir par halloween, ses sorcières, le sang que par celui des saints et martyrs torturés pour leur foi ! La radicalisation de la croyance religieuse et ses dérives meurtrières est montrée via le Coran et ses imans. On oublie le paradis chrétien et on rigole des vierges promises au paradis des terroristes.

Pour en revenir à ce contesté secret de confession, nous ne devons pas oublier la capacité évolutive du catholicisme durant les siècles. La « science » théologique a suivi l’évolution des autres, avec il est vrai, souvent quelque retard.

L'institution pénitentielle a subi de profondes transformations, tant dans la société civile que religieuse. La pratique de la confession au sens « moderne » du mot a aussi une longue histoire. Il en va de même pour le secret que doit garder le prêtre et les sanctions graves qui lui étaient appliquées par l’Eglise en cas de violation. Le secret de la confession est le seul à être absolu, selon le code de droit. Ce droit ne souffre pas d’exceptions, sous peine d'excommunication pour celui qui l'enfreint.

Le cas présent de ce prêtre va être intéressant à suivre. Il y aura confrontation entre droit canon et droit pénal. Les affaires de pédophilie révélées depuis les années 1990, ont déjà largement contesté le secret de la confession. Le Code pénal prévoit que des sanctions prévues dans le cas de violation du secret professionnel ne s'appliquent pas dans les situations de sévices sur mineurs. Qu’en sera-t-il ici pour la non-assistance à personne en danger parce qu’elle a avoué son intention suicidaire ? Cette « affaire » est moins anecdotique qu’en apparence. Mais selon moi, elle peut déboucher sur bien autre chose que la simple levée de ce fameux secret de confession. Prudence donc…

08:43 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |