mik dupont UA-70672535-1

19/12/2017

Les gens d'abord, pas les dossiers

conseilc.jpgEn regardant encore hier le Conseil communal et le Conseil de l’aide sociale, réunis une fois par an, j’étais encore surpris du décalage entre la cour des mandataires, avec celle des citoyens rassemblés, avant, devant l’hôtel de ville, réclamant plus de moyens pour les laissés pour compte de notre société.

Enfermés dans cet espèce de cénacle, faux lieu d’une démocratie dite représentative, nos mandataires récitaient leur petites leçons particratiques, selon la règle d’un tout va bien pour la majorité et d’un tout va mal pour l’opposition.

Répondant à l’interpellation entendue dans la rue par des citoyens vivant la réalité de terrain, le bourgmestre se dit prêt à entendre les critiques et besoins, tout en certifiant que la ville faisait tout son possible pour donner les moyens nécessaires pour que chaque citoyen soit accueilli au mieux dans la ville. La présidente du CPAS tenta de prouver qu’un maximum était déjà fait. On a eu droit à une longue ligne de chiffres, de données statistiques, de graphiques comparatifs, rédigés sans doute par ses proches collaborateurs et finalisés dans un texte qu’elle récita froidement. Elle parla de management transversal ou vertical, d’actions coordonnées, de personnel compétent et dévoué et de toute une litanie d’actions et d’intentions dont la majorité politique ne pouvait répondre, comme à la messe, que par un amen.

La déléguée MR s’employa à vanter les mesures fédérales de Michel et régionales de Borsus, pour augmenter les moyens et favoriser l’autonomie des assistés. Si, si ! S’en était trop, je suis parti. Je n’ai même pas attendu l’intervention de mon camarade Ferrara, seul conseiller CPAS du PTB. J’avais déjà lu son texte quelques instants avant. Lui, au moins, savait pour l’avoir vécue personnellement ce qu’était la précarité.

Bref, comme à chaque Conseil, une liturgie est bien réglée. On y palabre sur des dossiers. On sait que derrières se cachent des gens, des vies, avec leur quotidien qui cherche du pain, du boulot. Des gens qui cherchent à se déplacer, à se parquer ; des gens qui ont besoin de bien être soignés, etc. etc. Pour répondre à leurs besoins de citoyens, de simples humains, nos élus font de beaux dossiers à défendre avec plus ou moins d’éloquence, mais en oubliant dans la globalité abstraite le concret de la vie des gens qu’ils finissent par voir comme simple concept totalement désincarné. La plupart d’entres eux vivent dans la bulle des privilégiés associée à celle du pouvoir. Je me demande jusqu’où irait leur manque de réalité si parfois, comme aujourd’hui, ils n’étaient pas réveillés par la grogne de la rue et la grève de celles et ceux qui savent s’engager pour une autre société.

07:39 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.