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23/12/2017

L'injustice de l'art

prodiges.jpgEn regardant hier les jeunes prodiges en chants, danses et instruments sur FR2, il y avait de quoi s’émerveiller et se révolter. Un certain déterminisme qui voudrait que les chiens ne font pas des chats semblait bien se confirmer. Ces enfants ressemblent bien à leurs parents, privilégiés, sans doute, eux-mêmes par leur naissance. Une naissance qui ne fait pas qu’engendrer un talent, mais bien plus encore l’acceptation et le plaisir d’une ascèse qui persiste avec une croissance bien protégée et cocoonée. Le résultat est évidemment éblouissant, avec une sensibilité évitant la sensiblerie facile de bien des concours étiquetés populaires. Une présentation sous l'égide de la chanteuse Marianne James, à la fois pétillante et bienveillante. Avec un jury composé de grands artistes : le danseur étoile Patrick Dupond, simple et sympa, le gentil et généreux violoncelliste Gautier Capuçon et enfin la soprano Elizabeth Vidal, diva d’opéra qui semble, dans son style un peu fesses serrées et maniérée, ne jamais quitter la scène ! Bref, une émission de qualité, mais restant très élitiste.

A côté donc d’un émerveillement mérité, j’avais en même temps, un sentiment de révolte. Que le monde est injuste ! Cette élite qui reproduit l’élite ne serait-elle que fatalité ? Je ne peux et ne veux y croire. Il y a, bien entendu, quelques exceptions à une « règle » générale qui ne serait que génétique. Non, c’est surtout une question de classes. Et les classes ne sont pas issues et formées par le hasard. Un monde plus juste, plus égalitaire offrirait autant de talents, même plus, que celui où des oligarchies s’arrangent bien, consciemment ou non, pour monopoliser ce type d’art dont elle se croit détentrice. Et de penser à ce show populaire et crapuleux de Viva For Live, servi quelques heures avant par une RTBF hypocritement et éphémèrement, charitable envers une enfance défavorisée par une politique qui détruit l’art de la solidarité publique pour lui faire chanter la mauvaise musique et danse de la générosité privée.

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19/12/2017

Les gens d'abord, pas les dossiers

conseilc.jpgEn regardant encore hier le Conseil communal et le Conseil de l’aide sociale, réunis une fois par an, j’étais encore surpris du décalage entre la cour des mandataires, avec celle des citoyens rassemblés, avant, devant l’hôtel de ville, réclamant plus de moyens pour les laissés pour compte de notre société.

Enfermés dans cet espèce de cénacle, faux lieu d’une démocratie dite représentative, nos mandataires récitaient leur petites leçons particratiques, selon la règle d’un tout va bien pour la majorité et d’un tout va mal pour l’opposition.

Répondant à l’interpellation entendue dans la rue par des citoyens vivant la réalité de terrain, le bourgmestre se dit prêt à entendre les critiques et besoins, tout en certifiant que la ville faisait tout son possible pour donner les moyens nécessaires pour que chaque citoyen soit accueilli au mieux dans la ville. La présidente du CPAS tenta de prouver qu’un maximum était déjà fait. On a eu droit à une longue ligne de chiffres, de données statistiques, de graphiques comparatifs, rédigés sans doute par ses proches collaborateurs et finalisés dans un texte qu’elle récita froidement. Elle parla de management transversal ou vertical, d’actions coordonnées, de personnel compétent et dévoué et de toute une litanie d’actions et d’intentions dont la majorité politique ne pouvait répondre, comme à la messe, que par un amen.

La déléguée MR s’employa à vanter les mesures fédérales de Michel et régionales de Borsus, pour augmenter les moyens et favoriser l’autonomie des assistés. Si, si ! S’en était trop, je suis parti. Je n’ai même pas attendu l’intervention de mon camarade Ferrara, seul conseiller CPAS du PTB. J’avais déjà lu son texte quelques instants avant. Lui, au moins, savait pour l’avoir vécue personnellement ce qu’était la précarité.

Bref, comme à chaque Conseil, une liturgie est bien réglée. On y palabre sur des dossiers. On sait que derrières se cachent des gens, des vies, avec leur quotidien qui cherche du pain, du boulot. Des gens qui cherchent à se déplacer, à se parquer ; des gens qui ont besoin de bien être soignés, etc. etc. Pour répondre à leurs besoins de citoyens, de simples humains, nos élus font de beaux dossiers à défendre avec plus ou moins d’éloquence, mais en oubliant dans la globalité abstraite le concret de la vie des gens qu’ils finissent par voir comme simple concept totalement désincarné. La plupart d’entres eux vivent dans la bulle des privilégiés associée à celle du pouvoir. Je me demande jusqu’où irait leur manque de réalité si parfois, comme aujourd’hui, ils n’étaient pas réveillés par la grogne de la rue et la grève de celles et ceux qui savent s’engager pour une autre société.

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17/12/2017

L’inculture politique

élité.pngEn écoutant ce dimanche midi le micro trottoir demandant un avis sur le parti Défi, nous étions une fois encore plongés dans l’inculture politique. Les motivations pour voter pour tel parti, pour tel ou tel personnage politique sont à vous faire tomber sur le cul ! « Il a une bonne binette ». « Il parle bien ». Rien sur le programme, rien sur une vision de société. Seulement des sentiments, des impressions. Seulement des sympathies ou pas sur des têtes selon leur grande ou petite apparition sur les médias. Et de penser à un copain qui m’avait dit un jour voter J. Milquet parce qu’elle portait toujours de jolies bottes ! Loin de moi de blâmer une masse populaire toute préoccupée de se battre pour pouvoir faire face à ses premiers besoins. Une masse populaire noyée et manipulée par des médias aux objectifs essentiellement commerciaux et à la solde du pouvoir et de la pensée unique. Comment ne pas comprendre tous ces travailleuses et travailleurs qui sont en burnout ou menacés par ce mal ? Pas question de les culpabiliser de préférer ce qui les distrait à ce qui les cultive. Dans le boulot-métro-dodo, comment trouver le temps de s’occuper, de s’informer sur des enjeux politiques qu’ils ne découvrent souvent et de plus en plus que par des scandales ou du people ? Comment pour eux ne pas céder à un simple « tous les mêmes » ?

Ne tombons cependant pas dans le pessimisme ou la fatalité. Constatons aussi tous les élans collectifs qui s’expriment de diverses manières. Soutenons-les, tout comme le travail des syndicats et de divers mouvements. Je vois aussi l’engagement de jeunes et moins jeunes, n'hésitant pas à arpenter les rues et marchés pour écouter et sensibiliser les citoyens sur l’importance de la politique dans leur vie quotidienne. L’information a aussi changé. Les médias traditionnels n’en n’ont plus le monopole. Le net et les réseaux sociaux ont de plus en plus d’impact. Encore faudrait-il que nous ne contentions pas d’y être présents et actifs pour ne raconter que nos petites histoires personnelles. Qu’ils nous servent aussi d’outil de solidarité pour changer un monde individualiste qui arrange bien toute une oligarchie de privilégiés qui ne se prive pas de nous mentir, de noyer le poisson sous prétexte que l’aquarium est complexe et que l’alimenter en eau coûte de plus en plus cher !  

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15/12/2017

Faire un don

Appel_aux_dons.jpgLa période de Noël voit une recrudescence d’appel aux dons. Les lumières scintillantes, les repas festifs, les cadeaux, avec tout le formatage d’une société consumériste, se doublent d’une conscientisation bien éphémère de la misère, non seulement dans le monde, mais dans notre voisinage. Les grandes, comme les petites organisations sociales, médicales et caritatives, s’emploient alors, selon leurs moyens pour la com, de venir chatouiller notre bonté, voire notre culpabilité, pour que notre portefeuille joue un peu au père Noël. Les grandes enseignes jouent même sur la corde sensible de nos petits cœurs touchés pour en faire un argument markéting en ristournant quelques miettes de leur plantureux bénéfices à des pauvres petits vieux ou des petits enfants affamés ou mal aimés.

Mais nom de Dieu, quand aurons-nous, plutôt que cette mobilisation à la générosité, une immense manifestation et action sur le partage injuste de la richesse qui n’est point le fait d’un hasard. Aux larmes et sentiments faciles d’une compassion de dames patronnesses, il serait temps d’aligner la colère envers les gros patrons fauteurs des inégalités. A bien y réfléchir, un don pour des partis révolutionnaires serait bien plus utile que des bonbons charitables qui ne font qu’offrir un petit moment de joie dans l’agonie des miséreux. Plutôt que de tricoter des gilets caca d’oie pour les pauvres à soi, sortons nos aiguilles pour piquer haut et fort les auteurs et acteurs des inégalités qui perdureront malgré nos généreux dons.

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08/12/2017

Foot, foot, foot

footpognon.jpgTout en respectant l’engouement populaire du foot devenu pourtant un terrain de sport financier plus que celui d’un sport de ballon, la gifle donnée à propos du retrait de Bruxelles de la coupe de l’UEFA ne me fait pas trop mal ! Le surréalisme de nos petites querelles communautaires pour la construction d’un stade grandiose sur les terres flamandes de Grimbergen a de quoi nous faire paraitre, il est vrai, comme un petit pays. Un sentier communal n’existant plus que sur cadastre ancien, comme prétexte de refuser au propriétaire bruxellois un permis de bâtir, est risible. Mais même ridicule : Dura lex, sed lex… Demander à la NVA, alliée du CD&V et autres indépendantistes flamands de concéder un banc d’honneur aux bruxellois dans un temple footballistique aurait pu mettre en danger la petite sacristie du pasteur De Wever et du curé Peeters. Voilà pour le commentaire communautaire. Pour sur ce qui est du fond, un partenariat public-privé pour le gigantisme d’un stade risquait bien, comme souvent dans ce cas, de faire porter les déficits au public et les bénéfices au privé.

Catastrophe pour l’économie que ne pas avoir quelques matches de l’Euro sur notre territoire ? OK. Quelques 200.000 nuitées ratées pour le secteur hôtelier. Les pertes économiques seront importantes pour Bruxelles, estime le premier échevin Alain Courtois. "Bruxelles se voit privée de 100 à 120 millions de revenus, que ce soit sur le plan des nuitées, du tourisme, des transports mais aussi des 'fans-zones' etc." Peut-être, mais il faudrait y mettre en parallèle toutes les dépenses publiques, notamment de sécurité. Les grandes messes sportives, comme les jeux olympiques, ont rarement été bénéfiques aux communs des mortels ! Le sieur Courtois (MR) a beau crier sur le « nian-nian » des uns et des autres, c’est lui et ses compères qui ont mal mené ce dossier.

Faire le deuil de ce raté politico-sportivo-financier, sera, en tout cas,  rapide chez moi !

07:56 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |