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04/01/2018

"Le cri de l'âme"

abbé.jpgJe lisais aujourd’hui dans LLB, la chronique de l’abbé de Beukelaer sur la religion d’aujourd’hui. Et dans un beau style littéraire, le chanoine relevait que notre société soigne plus les corps que les âmes. Oui, mais sans jamais bien cerner ce qu’est vraiment l’âme...  L’érudition de ce prêtre ignorait-elle que si le « concept » d’âme est historiquement important, son intérêt contemporain est limité. En dehors de la religion ou de la métaphysique, la référence à l’âme n’est plus utilisée ni en science, ni réellement en philosophie. Les textes anciens qui parlent de l’âme sont souvent ré-interprétés pour en tirer un apport utile aujourd’hui. On évacue la notion d’âme et on considère que ces textes parlent de l’esprit ou du psychisme (par exemple).

Dans la Bible, « âme » est la traduction du mot hébreu nèphèsh et du mot grec psukhê. Le mot hébreu signifie littéralement « un être qui respire », et le mot grec désigne « un être vivant * ». L’âme est donc la créature tout entière, et non pas quelque chose en elle qui survit à la mort du corps; âme nommée aussi par d’anciens sages des noms de : «  Nefech (âme), Roua’h (esprit), Néchama (souffle), ‘Haya (vie) et Yé’hida (singularité). » (Midrache Rabbah, Béréchit 14:9).

Nos médecines en soignant la vie, soignent donc bien l’âme ! Et le cri de l’âme, comme nommé, dans cet article, a peu de rapport avec une pure « spiritualité » dont la religion serait détentrice. L’esprit est bien lié au corps et ses soins passent par l’attention accordée à son milieu social et environnemental. Voilà qui est « politique », bien plus que « spirituel ». Et là, j’entends bien plus le cri de la vie des humains se révolter contre les injustices créées par un système très peu dénoncé, voir courtisé par les prêcheurs du paradis céleste, quelques fois alliés à des fidèles des paradis fiscaux ! L’âme n’est pas immatérielle. Elle est vue et ouïe, parole et pensée, intelligence, émotion etc. à la naissance. Clair, mais les sciences d’aujourd’hui découvrent et explorent bien plus qu’hier que l’individualité, l’identité de toute âme, une fois née, est dépendante de l’âme collective. Elle devient très programmée par des dieux qui n’ont rien de ceux des cieux !

Le texte de l’abbé est bien beau, mais reste dans la conception antique d’une âme bien contrôlée par une classe bourgeoise qui se déculpabilise par la générosité et la compassion envers une classe populaire qu’elle nourrit de belles paroles en se gardant bien de l’inviter à la révolte.

Dites, l’abbé, plutôt que de voir le confinement de l’espace réservé au soin de l’âme dans les hôpitaux, ne devriez-vous pas réserver un espace plus large contre les mesures d’une ministre de la santé qui oblige les pauvres âmes à moins se soigner et à un gouvernement qui détricote la solidarité sociale. Ne prétendez-vous pas que la religion n’est pas qu’une affaire privée ? En tout cas, je préfère m’occuper de mortalité de l’âme dans notre monde que de son immortalité dans l’éternité !

20:38 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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