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19/01/2018

A propos des listes citoyennes et d'ouverture

communales.jpgJe pourrais me réjouir de voir fleurir des listes citoyennes (je préfère ce qualificatif à celui d’apolitique) dans quelques communes et villes. Je crains pourtant que ces listes ne soient que soit: une récupération électoraliste de partis traditionnels; soit: une envie de certains d’obtenir un mandat qu’ils n’auraient pas obtenu par l’adhésion à ces partis. Certes, il y a parmi eux des personnes défendant des valeurs réelles de démocratie participative, mais l’intention la plus noble risque bien de s’effondrer face à l’expérience des vieux routiniers de la chose publique. Vouloir un changement sans une analyse globale des mécanismes politiques et des sphères économiques les guidant reste, pour moi, une grande illusion. C’est partir en guerre la fleur au fusil et n’obtenir que quelques réformettes qui ne changeront rien de fondamental. C’est le simple prolongement d’une gauche bobo semblable à d’anciennes dames patronnesses espérant par leur tricot vaincre la pauvreté.

Le vrai changement ne peut venir que d’un renversement du rapport de force entre les classes sociales. Croire en leur collaboration est offrir le pouvoir aux plus forts, entendez aux détenteurs de la richesse financière. Le vrai changement ne peut se faire que dans un changement de rapport entre travail et capital. Il y va et d’une répartition égalitaire des richesses produites, autant de la sauvegarde de notre planète minée par l’appât du gain de multinationales et la frénésie de consommation que le système capitaliste engendre.

Des listes gravitant autour de bonnes intentions ne suffisent pas. Il est nécessaire et indispensable que le changement s’articule autour d’une ossature solide d’anticapitalisme. Si toute action de changement est louable et doit être soutenue, elle ne sera vraiment porteuse que si elle s’inscrit dans une vision de société ayant un autre mécanisme de fonctionnement que le modèle actuel du libéralisme dit social mais qui demeure capitaliste.

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18/01/2018

Le cauteleux curé Borsu

borsu10.jpgIl faut parfois reconnaître du talent à ses adversaires. Indiscutablement Willy Borsu en a. Et de penser à Stendhal dans « Le rouge et le noir » qui écrivait : « il inventait correctement les paroles d'une hypocrisie cauteleuse et prudente ». Ou encore à Ponson qui écrivait dans «  le cub des valets de cœur » à propos du malhonnête Rocambole : « Il n'est pas franc, c'est un monsieur cauteleux, toujours entre le zist et le zest ». Voilà ce à quoi nous avons encore eu droit lors de « jeudi en prime »  de soir,où l’espèce de curé, ayant transféré sa cure de Somme-Leuze à Marche-en-Famenne, y allait de son sermon pour glorifier le saint MR et les mesures prises pour relever tant le pays que la Wallonie ! Franken ne fait que des erreurs de communication ; pas de trahison de la NVA qui a bien abandonné ses revendications communautaires ; les 26 % des Wallons menacés de vivre sous le seuil de pauvreté vont se voir sauvés par des incitants financiers leur permettant un travail dans des secteurs demandeurs. Et j’en passe. La litanie du libéralisme humain, social implorant les saints du gros capital, avec leurs quelques acolytes de petits indépendants pour semer, sans trop être taxés, de belles moissons au profit des actionnaires des grandes exploitations, fut chantée par la voix si consensuelle de ce grand prêtre au service du dieu Michel. Les naïfs y croiront peut-être. Pour ma part, j’espère que cet homme d’eau bénite rejoindra la descente aux enfers que son MR nous fait vivre au quotidien. Amen.

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Pacte d'excellence

excellence.jpgL’émission « à votre avis » sur l’enseignement a encore démontré comment le système capitaliste voit la personne humaine comme simple outil de performance en vue de servir l’économie. Rien ou presque sur le fait que l’enseignement doit contribuer à un développement équilibré et général. Un développement de la tête, du cœur et des mains.  Et ce, sur les plans technique, scientifique, intellectuel, culturel et sportif pour préparer les jeunes à participer à une société plus juste et plus solidaire.

Autre oubli et il est de taille : la détermination de l’origine socio-économique de l’élève. Qu’il est beau le langage de respect de l’élite pour les orientations professionnelles, alors qu’ils poussent leur progéniture vers des filières ressemblantes aux leurs, en maintenant bien ainsi la ségrégation sociale et l’inégalité ! (Si l’on divise les élèves de 15 ans en 10 groupes selon leur milieu socio-économique, 87 % des élèves du décile le plus riche sont dans l’enseignement général, alors que pour le décile le plus pauvre, ils ne sont que 24 %). Hypocrisie si bien incarnée par des déclarations du "bon papa débonnaire" De Borsus!

Oui, il y a quelques points positifs dans ce pacte. D’abord, le fait de reconnaître l’échec d’un nombre incalculable de réformettes qui n’ont en rien fait diminuer l’inégalité et les énormes disparités, grandissantes entre les écoles. Celui aussi d’un tronc commun allongé jusqu’à la troisième année du secondaire. L’orientation dans une filière prématurée, à l’âge de 12 ans, en hiérarchisant l’enseignement général, technique ou professionnel, provoque une importante ségrégation sociale.

En admettant même comme louables et utiles les intentions de ce pacte, il restera une coquille vide si on maintient un taux aussi faible d’investissement pour l’enseignement. Là encore la politique d’austérité fait de gros dégâts. Elle accentue les inégalités en favorisant les mieux nantis. La gratuité de l’enseignement prônée dans les textes de loi est une vaste blague ! Le coût des études, et plus particulièrement des supérieures devient de plus en plus élevé.

L’enseignement reste une affaire de classes, et pas seulement de classes scolaires, mais bien de classes sociales. Il faut donc une lutte sur ce terrain comme sur d’autres.

Mais une fois de plus, le dit débat des médias évite cette question essentielle et primordiale. Sans cette lutte, l’école restera un lieu de conservatisme culturel et politique. Il y a pourtant des alternatives. Il suffit d’aller lire le programme du PTB en la matière, qui sera évidemment traité d’utopiste en évoquant les caisses vides de l’Etat…Vite remplies pourtant, s’il y avait le courage politique d’aller chercher l’argent là où les actionnaires se donnent bonne conscience par de la charité qui évite des révolutions !

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15/01/2018

Elections en vue

isoloir.jpgSi les temps électoraux sont importants. Les résultats qui en résultent ne changent pourtant pas grand-chose à une véritable alternative au système capitaliste. Le modèle reste le même, avec quelques aménagements selon des coalitions de droite ou de gauche.

Les organes dits démocratiques se verront renouvelés, selon des petits jeux politiciens de pouvoir, où l’expression citoyenne sera vite mise à toutes les sauces. Sans nier l’importance des tribunes politiques offertes à nos représentants au sein des parlements fédéraux, régionaux et conseils communaux ou provinciaux ( suffit de voir l’impact médiatique suscité par les 2 députés PTB), l’espoir de voir les différentes institutions répondre à un changement réel se doit d’être adoubé par une participation permanente des citoyens à travers des mouvements et associations capables de faire bouger les lignes des enceintes fermées et vite embourgeoisée du pouvoir.

N’oublions jamais qu’il a plusieurs façons de faire de la politique, que la démocratie parlementaire a ses limites : les politiques ne bougent que sous l'effet d’aiguillons de masse.

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04/01/2018

"Le cri de l'âme"

abbé.jpgJe lisais aujourd’hui dans LLB, la chronique de l’abbé de Beukelaer sur la religion d’aujourd’hui. Et dans un beau style littéraire, le chanoine relevait que notre société soigne plus les corps que les âmes. Oui, mais sans jamais bien cerner ce qu’est vraiment l’âme...  L’érudition de ce prêtre ignorait-elle que si le « concept » d’âme est historiquement important, son intérêt contemporain est limité. En dehors de la religion ou de la métaphysique, la référence à l’âme n’est plus utilisée ni en science, ni réellement en philosophie. Les textes anciens qui parlent de l’âme sont souvent ré-interprétés pour en tirer un apport utile aujourd’hui. On évacue la notion d’âme et on considère que ces textes parlent de l’esprit ou du psychisme (par exemple).

Dans la Bible, « âme » est la traduction du mot hébreu nèphèsh et du mot grec psukhê. Le mot hébreu signifie littéralement « un être qui respire », et le mot grec désigne « un être vivant * ». L’âme est donc la créature tout entière, et non pas quelque chose en elle qui survit à la mort du corps; âme nommée aussi par d’anciens sages des noms de : «  Nefech (âme), Roua’h (esprit), Néchama (souffle), ‘Haya (vie) et Yé’hida (singularité). » (Midrache Rabbah, Béréchit 14:9).

Nos médecines en soignant la vie, soignent donc bien l’âme ! Et le cri de l’âme, comme nommé, dans cet article, a peu de rapport avec une pure « spiritualité » dont la religion serait détentrice. L’esprit est bien lié au corps et ses soins passent par l’attention accordée à son milieu social et environnemental. Voilà qui est « politique », bien plus que « spirituel ». Et là, j’entends bien plus le cri de la vie des humains se révolter contre les injustices créées par un système très peu dénoncé, voir courtisé par les prêcheurs du paradis céleste, quelques fois alliés à des fidèles des paradis fiscaux ! L’âme n’est pas immatérielle. Elle est vue et ouïe, parole et pensée, intelligence, émotion etc. à la naissance. Clair, mais les sciences d’aujourd’hui découvrent et explorent bien plus qu’hier que l’individualité, l’identité de toute âme, une fois née, est dépendante de l’âme collective. Elle devient très programmée par des dieux qui n’ont rien de ceux des cieux !

Le texte de l’abbé est bien beau, mais reste dans la conception antique d’une âme bien contrôlée par une classe bourgeoise qui se déculpabilise par la générosité et la compassion envers une classe populaire qu’elle nourrit de belles paroles en se gardant bien de l’inviter à la révolte.

Dites, l’abbé, plutôt que de voir le confinement de l’espace réservé au soin de l’âme dans les hôpitaux, ne devriez-vous pas réserver un espace plus large contre les mesures d’une ministre de la santé qui oblige les pauvres âmes à moins se soigner et à un gouvernement qui détricote la solidarité sociale. Ne prétendez-vous pas que la religion n’est pas qu’une affaire privée ? En tout cas, je préfère m’occuper de mortalité de l’âme dans notre monde que de son immortalité dans l’éternité !

20:38 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |