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09/01/2016

Les flonflons de la République

janvier1.jpgNous allons encore être bombardés de la médiatisation des flonflons d'une république et de médias qui aiment jouer sur l'émotion. Hollande, Vaals et Cie continuent d'entretenir le choc d'une abjection meurtrière, barbare, qu'ils ont pourtant alimentée par leur politique internationale d'alliances. Leur ingérence dans des conflits arabes, sous couverts de soutenir les droits démocratiques, n'a fait qu'empoisonner de vieilles luttes fratricides. Ne nous faisons aucune illusion, la solution ne viendra pas par l'occident. Elle viendra des pays arabes. Elle ne viendra pas par nos bombardements aériens, alors d'ailleurs que tout le monde s'accorde sur le fait qu'une guerre ne peut se gagner que par des forces terrestres. La solution militaire sur le long terme ne viendra pas au bout du djihadisme. Les déclarations guerrières de Hollande et de ses alliés américains ne font que diviser des populations partagées entre un appel à l'aide et un rejet d'un néo-colonialisme. Et quand bien même l'Etat islamique viendrait à être éliminé, il en resterait encore des dizaines derrière. Le combat contre le radicalisme et les djihadistes, s'il veut être efficace, ne viendra que du monde musulman lui-même. Je pense, à la suite d'experts s'y connaissant mieux que nous, que nos pays doivent surtout favoriser, que les pays de la région de l'Iran à l'Arabie Saoudite en passant par la Turquie « assument leur responsabilité et appuient beaucoup plus leur réaction contre le djihadisme ». Par contre, nous pouvons certainement mieux combattre le radicalisme islamique qui s'installe chez nous via des mesures qui ne soient pas uniquement sécuritaires. Que ce soit d'ailleurs dans les pays musulmans ou les nôtres, nous oublions trop souvent les questions socio-économiques. Il n'y a pas que l'idéologie qui radicalise. C'est aussi la pauvreté, le dénuement qui fait que les gens s'engagent dans les rangs des groupes radicaux. Mais qu'est- ce que des Hollande ou Charlot ou encore les gouvernants européens ont comme projet politique à associer à la lutte armée? Nada de nada, sinon des politiques de profits mal partagés et des manifestations en trompe l'œil, comme encore celle dont ils vont nous gratifier aujourd'hui au son d'une marseillaise qui appelle au sang. Ils savent que les flonflons républicains éteignent mieux la révolution et les discours d'un Mélenchon que des discours profonds sur l'état de la nation. Alors vraiment marre de toutes ces manifestations bidons.

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08/01/2016

Les différents "Charlie"

charlie4.jpgNe nous voilons pas la face. Notre émotion reste variable selon son origine. La mort d'un parent, d'un proche, d'un voisin, d'un collègue de travail, d'une connaissance, éveille en nous une tristesse bien plus grande que celle d'un inconnu. Celle d'un enfant nous révolte bien plus que celle d'un octogénaire. Rien de plus normal et d'humain. Bien qu'une vie détruite reste une vie détruite, n'importe quand, où, comment et qui, le malheur ou la mort nous frappe différemment selon nos attaches et selon que nous sentions menacés directement ou non. Ce qui est normal dans une espèce de hiérarchisation de nos douleurs et souffrances personnelles risque bien de nous plonger dans la même attitude dès qu'il s'agit des souffrances et malheurs collectifs. Les attentats au Yémen, en Inde, au Nigéria, nous touchent et nous effraient moins que ceux de Paris. Les viols en Allemagne, moins que ceux commis en Thaïlande, en Arabie, en Afrique. Le SDF mourant de froid dans notre ville nous révolte davantage que le réfugié noyé en mer ou mourant sur le chemin de l'exil. L'enfant ou le vieillard martyrisé chez nous éveille bien plus notre sentiment de dégoût que le petit palestinien tabassé par la police israélienne ou les coups de fouets et les tortures infligés à un opposant d'un régime politique. Nos transferts et intensités de douleur face à la misère et l'injustice, créées par le jeu sordide des Etats aveuglés par la course au profit d'une minorité au détriment des masses populaires, se calquent, hélas, sur nos sentiments et émotions de proximité. Nos instincts de survie se réveillent de façon très différente selon que nous nous sentions menacés par une guerre proche ou éloignée de nous. Attention, trois fois attention, à cette démarche individualiste d'un repli sur soi ou de l'approbation d'un repli nationaliste. Autant la souffrance personnelle est peu exploitable, sauf parfois pour les commerçants de la mort, autant l'exploitation et la manipulation de l'émotion populaire peut s'avérer dangereuse. Les flonflons des plaques commémoratives, des gerbes fleuries au ruban tricolore marqué du sceau du pouvoir ne sont souvent qu'une récupération d'une émotion collective pour mieux fermer notre cercueil de liberté et faire taire les contestations à des politiques antisociales et discriminatoires. Nous devons craindre, plus que jamais, que ces manifestions servent de prétexte patriotique à des guerres qui n'ont rien avoir avec la liberté d'expression ou la défense des droits fondamentaux de l'homme et de la femme. Les précieuses valeurs que l’Occident chérit avec tant de ferveur font vite le chou gras de la cuisine dégueulasse que nous servent, non seulement les médias, mais nos dirigeants. Comme de coutume, les médias ne font que relayer l'hypocrisie de l'élite qui entretient le public sous le choc, dans la colère, l'émotion, sans lui proposer de vraies réponses, sinon celles faussement sécuritaires. Il nous faut donc lutter contre cette intoxication de nos sentiments. Il nous faut oser une analyse plus profonde. Il nous faut une action plus large que celle de simplement brandir le "je suis Charlie". Il faut appréhender le terrorisme au prisme d’événements se produisant sur toute la surface du globe. Avec les yeux fixement posés sur les différentes guerres en cours, de la Palestine au Pakistan, au Liban et ailleurs. Posons-nous au moins la question de savoir si nos politiques, avec leurs déclarations de guerre au terrorisme, ne font finalement qu'alimenter le sérail des extrémistes en radicalisant et en durcissant les positions de chaque côté. Je ne prétends pas avoir raison, mais une chose est certaine: si nous voulons que tout cela cesse, il nous faut faire les choses différemment, parce que pour l’heure ce que nous faisons ne fonctionne pas. Alors être Charlie, d'accord, mais pas n'importe lequel!

 

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07/01/2016

L'heure anversoise de Sarkozy

sarko anvers.jpg

Quand un train déraille, il s'arrête, contrairement à Sarkozy qui, lui, ne cesse de dérailler dans ses déclarations et poursuit son voyage tumultueux vers l'Elysée. Ainsi, ce mercredi l'heure de sa Rolex lui avait donné un rendez-vous fixé pour une réception du nouvel an organisée par le Voka, le réseau d’entreprises flamand. Le nain français y était accueilli par un tandem de choc. Reynders et De Wever, toujours en alliance de pouvoir, n'avaient pas manqué ce rendez-vous à 150€ la place. Cher pour entendre les envolées peu lyriques et les haussements d'épaules de l'ancien président français, dont le prix n'a pas été révélé. Quel théâtre! Un parfait vaudeville où se croisaient l'acteur du nationalisme flamand, désireux, ce même mercredi, par la voix de sa ministre N-VA du gouvernement flamand, Liesbeth Homans , de voir la disparition de la Belgique avant 2025 et le sieur Reynders, devenu clown de notre politique étrangère, après avoir raté la place du Charlot du 16 rue de la loi. Que du beau monde sur scène et dans la salle. L'ex pensionnaire de l'Elysée, mais toujours attaché à la comédie française, y allait de ses visions tournantes et migrantes de société, selon le vent pouvant lui être favorable pour faire s'envoler ses nombreuses casseroles en inox de corruption. Tous ces grands, à la solde des patrons du Voka et d'ailleurs, recevaient de ceux-ci une longue standing ovation. Une popularité prolongée par les cons qui continuent à voter pour ces assassins de leur liberté et de leur portefeuille. Faut-il être une sacrée autruche pour encore ignorer que le seul but de ces messieurs n'est que leur maintenance dans le sérail d'un pouvoir de pacotilles qui leur rapporte gros. Au populisme élitiste de ces dirigeants, je préfère encore celui des gens du café de commerce! De quoi, en tout cas, être dégoûté, mais comme disait l'autre, si tous les dégoûtés s'en vont, il ne restera plus que les dégoûtants! Alors, il faut encore poursuivre le combat, en espérant bien plus que la mort de Schengen, celle de la carrière politique de ces migrants de la pensée citoyenne.

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05/01/2016

L'heure des grèves

sncb.jpgA l'heure où tant de nous pestent sur les grèves, il serait bon que nous réfléchissions un peu sur ce que la pensée libérale véhicule et génère dans notre conception du travail. Jobs, jobs, jobs, chante notre premier ministre, plaçant ainsi le travail au haut des valeurs humaines. Sans nier une espèce de nécessité tant biologique que sociale du travail, il ne faudrait pas n'en faire qu'une apologie! L'humanisme du travail est une notion très ambigüe. Elle s'oppose, en tout cas, à ce que voudrait nous faire avaler ce gouvernement de droite. Ne perdons pas de vue que ce qu'il veut nous imposer est bien contraire à la liberté dont se targue être les défenseurs, ceux qui nous obligent à travailler plus, plus longtemps, tout en gagnant moins. On ne s'étonnera pas, si je défends une autre position. Celle d'un Marx, si souvent considéré, à tort, comme rétrograde et obsolète, y compris par la gauche bobo. " A la vérité, le règne de la liberté commence à partir du moment où cesse le travail dicté par la nécessité et les fins extérieures" disait-il. Nul ne niera cette nécessité, mais nul ne niera non plus que nous n'avons jamais autant produit de richesses qu'aujourd'hui. Une richesse mal partagée et accaparée par une minorité qui voudrait nous maintenir dans la nécessité  de maintenir leur liberté de pognon gagné par la sueur, le stress et le labeur des pauvres cons que nous sommes en nous pliant à leurs exigences. On ne peut donc penser liberté en se pliant aux processus de production que veulent nous imposer ses gros profiteurs. C'est pourtant ce qui se passe. Le plan de la dite nécessaire restructuration de la SNCB n'en est qu'un exemple. L'humanisme du travail, ça, nos politiciens s'en foutent, tout comme les dirigeants grassement payés à la tête des entreprises ou des institutions politiques, comme vu encore avec l'augmentation des fonctionnaires européens. C'est le baromètre du fric qui passe en force, bien avant celui du bien-être que vient de publier la mutuelle Solidaris. Comment alors ne pas adhérer à la réduction du temps de travail que prône, dans la droite lignée du marxisme, le PTB et les syndicats? Sur base d'une nécessité amplifiée de toute pièce par une pensée capitaliste et libérale, c'est tout le contraire qui se passe. L'élite veut nous faire travailler plus et dans des conditions de plus en plus stressantes. Avec de pareilles exigences, comment encore voir le travail comme instrument de liberté? Où est la liberté de celui ou de celle qui rentre du boulot éreinté, au bord d'un burnout, parce qu'il faut à tout prix être "rentable"? Et que dire de la liberté de celui qui n'a pas de travail ou de celui qui a peur de perdre le sien? Peut-on être libre quand on se sent encore soumis aux exigences d'une institution, d'un patron, en dehors du temps rétribuant le boulot demandé? Et si le travail est un droit, pourquoi dans les faits n'y en a-t-il pas pour tous? Alors plutôt que de pester sur les grèves et les grévistes, élargissons un peu notre lorgnette pour prendre conscience de notre propre situation de travail et la nécessaire solidarité avec celles et ceux qui mettent la pression pour que leur travail, mais aussi le nôtre, celui du voisin soit meilleur et humain.

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03/01/2016

Les aspirines du MR pour le Jobs, jobs, jobs

Borsus.jpgIncapable d'une vraie vision politique, sinon celle d'une Europe championne des paradis fiscaux et d'un "ordo-libéralisme" de l'austérité pour les masses populaires, le MR se plait à nous illusionner par des mesurettes sympathiques, comme la dernière en date. Fier de soutenir les petits indépendants, tout en faisant les plus gros cadeaux aux multinationales, Willy Borsus, le ministre des Classes moyennes, des Indépendants, des PME, de l'Agriculture et de l'Intégration sociale annonçait une bonne nouvelle: la suppression des cotisations patronales pour le premier emploi. C'est très bien. Et en maître de la communication, le sieur Borsus montrait sa culture du terrain en s'entretenant avec le responsable de la sandwicherie "Les Fées maison", à Beyne-Heusay (en province de Liège), qui a engagé son premier employé. Magnifique. La fée MR masque bien par ses petits tours de magie l'échec de l'austérité qu'il continue à défendre et à appliquer au nom du dit indispensable équilibre budgétaire. Au nom du pragmatisme, de l'efficacité notre gouvernement, comme d'ailleurs le précédent sous une houlette pourtant socialiste, persiste dans une orthodoxie qui pourtant aboutit à des échecs qui ne sont point seulement ceux des pays comme la Grèce, l'Espagne ou le Portugal, mais gagnent toute l'Europe. Faut-il être aveugle pour constater que dans les pays d'Europe du sud où l'austérité est la plus forte, la demande s'effondre. Vouloir à tout prix rétablir une compétitivité au prix d'une baisse du coût du travail et d'aides aux entreprises ne relance pas l'économie. Bien au contraire. Il en résulte une guerre absurde où chacun se bat pour augmenter sa part d'un gâteau que les politiques d'austérité généralisées s'acharnent à faire diminuer. Bien des économistes observent que les marges des entreprises baissent à mesure que la guerre commerciale s'intensifie. Un simple bon sens devrait faire comprendre que lorsque chacun cherche à diminuer ses coûts pour être plus compétitif que son voisin, il faut diminuer le coût de la main d'œuvre avec comme conséquence une baisse des revenus qui conduit à la réduction de consommation. La pub MR, sa magie pour arriver aux jobs, jobs, jobs, risque bien de faire " pschitt !". Les bonnes petites mesures ponctuelles ne changeront rien sans un changement radical capable de rétablir de façon conjoncturelle la politique économique absurde menée par l’Union au nom du respect des traités. Ne nous laissons pas avoir par la diversion de petites mesures utiles mais très marginales. Regardons un peu plus loin que le bout de notre nez! Pour que le petit indépendant puisse engager, il faudrait surtout qu'il puisse vendre. Or, pour financer ce qui est offert en subvention ou exonérations fiscales l'est via une augmentation de l'impôt sur les ménages, une compression des prestations sociales et une dégradation des services publics. Et quand les subventions ne suffisent pas, le gouvernement Michel, comme d'ailleurs d'autres, réforment le " marché du travail ", ce qui revient à laisser au marché le soin d’organiser la rigueur salariale. La compétitivité dont on nous rabâche les oreilles nous mène droit le mur. Nous ferions mieux d'écouter et de suivre les conseils d'économistes tirant la sonnette d'alarme. Ainsi, je lisais encore une conclusion de David Cayla, chercheur au GRANEM et maître de conférences à l'université d'Angers: "Car c’est bien là le drame de la situation actuelle : poussée jusqu’à l’absurde, la logique de la compétitivité n’aboutit qu’à la disparition de la prospérité générale, sans créer le moindre emploi supplémentaire, et participe à l’effondrement de la demande des ménages et à l’intensification de la concurrence. L’Europe est en train de réinventer le mercantilisme le plus obtus ; celui qui confond la logique marchande avec la logique économique, et la balance commerciale avec la prospérité. Aveuglé par l’idéologie, elle conduit une guerre commerciale contre elle-même". Mais toute cette information ne nous parvient pas. Nos medias, bien trop branchés sur la politique à la petite semaine, se contentent de relayer l'accessoire et les anecdotiques petites bagarres de couloirs en oubliant de nous renvoyer à l'essentiel.

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02/01/2016

La fracture Nord-Sud des syndicats de la SNCB

train.jpgComment ne pas regretter la fracture s'opérant entre des syndicalistes du Nord et du Sud de notre petit pays. Coup dur pour une union pourtant indispensable des travailleurs qui auraient  beaucoup à perdre par cette désunion. Celle-ci ne fera que favoriser l'avancée d'une privatisation d'un secteur public où, non seulement eux, mais aussi les voyageurs auront tout à perdre. Ce serait une erreur, selon moi, de voir dans ce divorce deux modèles de société qui s'affrontent. L'explication me parait bien plus simple. Les hauts représentants syndicaux sont tout bonnement bien trop liés aux partis politiques. Au nord, le lien historique de l’ACV avec le CD&V et au Sud avec le PS est toujours bien présent. Qui pourrait croire que la décision de non grève de l'ACV n'est pas une résultante d'une pression du ministre de l’Economie Kris Peeters (CD&V), sollicité pour désigner des conciliateurs sociaux dans le conflit opposant la direction de la SNCB aux syndicats au sein de la commission paritaire nationale? N'y aurait-il pas eu la même pression du côté francophone si le PS avait été au gouvernement fédéral? Il est urgent que les travailleurs de base forcent un repositionnement de leurs hauts dirigeants syndicaux vis-à-vis des partis politiques. C'est aux travailleurs qu'il revient de faire pression sur le pouvoir politique et non l'inverse, sans quoi leurs combats risquent d'être inutiles et perdus d'avance. Alors que l'impopularité des grèves, alimentée et bien orchestrée par la droite, croît dans une population peu au courant des enjeux réels, il est urgent d'en revenir aux fondamentaux de la lutte ouvrière. Il ne s'agit pas d'une simple divergence de stratégie. La division ne servira que ceux qui veulent casser la force syndicale pour imposer leur politique antisociale et renforcer les inégalités au seul profit d'actionnaires s'enrichissant par la main d'œuvre de travailleurs exploités. Les richesses produites par notre société poursuivent leur croissance de manière extraordinaire, quoiqu'en pensent certains. L'indice Bel 20 a gagné 12,6% au cours de l'année écoulée, soit l'une des meilleurs performances au niveau mondial. Le partage des fruits de cette croissance est totalement inéquitable. La lutte contre cette inégalité ne peut se faire que dans une union de la classe ouvrière, entendue dans son sens large. N'en déplaise à certains pour qui la lutte des classe est devenue dépassée et obsolète, il faut y revenir! C'est d'un renforcement d'une conscience ouvrière dont avons besoin et pas celle d'un régionalisme qui la divise.

 

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01/01/2016

Sécurité et menace de démocratie

artifices.pngLa protection de nos vies est certes un des rôles fondamentaux d'un Etat. La chasse aux terroristes sur notre territoire fait bien partie de notre attente envers ceux qui ont en charge cette mission. Mais faut-il pour ce faire plonger notre société dans une psychose d'attentats dits bien préparés mais dont nous savons finalement peu de choses? Faire une confiance aveugle à nos "protecteurs" et accepter des mesures qui restreignent nos libertés individuelles et collectives risquent bien de saper lentement mais sûrement notre démocratie. L'espèce d'omerta, justifiée par la nécessité d'enquêtes devant être discrètes pour être efficaces, ne peut durer qu'un temps. Ce temps me semble déjà long, trop long. Comment continuer à croire à la crédibilité des actions sécuritaires menées à grande échelle par des dispositifs policiers et militaires hors-normes sans recevoir de justifications plus précises sur leur indispensabilité? Comment croire aux décisions politiques en la matière, alors qu'une espèce de cacophonie se joue entre responsables politiques fédéraux, régionaux et communaux. Nous l'avons encore constaté chez le bourgmestre de Bruxelles devant décider, sans trop croire à une menace réelle, l'interdiction du feu d’artifice du réveillon du Nouvel An à la place De Brouckère. Sans éléments très précis, qu'avouait ne pas avoir cet homme, pouvait-il maintenir l'événement et risquer un drame ? Fallait-il préférer alors alimenter la psychose de la population? Ces choix cornéliens vont devenir à terme insupportables. L'enjeu de la psychose collective mérite pour le moins réflexion, voire procès d'intention. Le gouvernement Michel réussit, grâce à celui-ci, à faire oublier sa politique antisociale qui met lentement mais surement en jeu la vie même de toute une catégorie de personnes vivant dans la précarité et d'autres risquant d'y être plongées. Ce Michel redore sa position via un sentiment populaire qui n'attendrait plus de lui qu'une sécurité physique de première ligne, alors qu'elle perd, petit à petit, celle de sa sécurité sociale et celle de ses libertés démocratiques. Restons vigilants au fait que nous pourrions être instrumentalisés par des menaces terroristes pour justifier des mesures sécuritaires qui n'ont point de rapport avec elles. La généralisation et l'extension de la surveillance des citoyens est dangereuse pour l'exercice de la démocratie. Je n'ai aucune confiance dans ce gouvernement, d'autant que les gros ministères concernés sont aux mains de la NVA. S'il y a menace terroriste, il y a, aussi, menace gouvernementale. L'année qui commence doit s'ouvrir par une transparence gouvernementale plus concrète capable de répondre à nos questions citoyennes sur le bien-fondé des mesures de sécurité. Elle doit aussi s'ouvrir par la remise en cause et la contestation des mesures qui tuent la protection des plus faibles et renforcent la cuirasse des plus riches. Sans oublier cette autre menace que représentent nos centrales nucléaires qui pourraient faire bien plus de victimes qu'une ceinture d'explosifs. Il faut en finir avec une egologie qui n'a plus rien d'une écologie réelle, car ne servant qu'à l'égoprofit de quelques gros intérêts de multinationales. Si le terrorisme de l'EI est à combattre, il ne faudrait pas qu'il nous fasse oublier les autres combats à mener cette année.

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