mik dupont UA-70672535-1

03/04/2007

Lettre 155 ( 300)

Cher ordi,

J’ai quitté ton petit écran pour aller, avec mon ami (de plus en plus beau…) voir le grand. Nous avons été assez conquis par le film 300. Pour des raisons différentes. Lui, s’attachant plus à l’histoire et grands combats, très peu historiques par ailleurs, et moi à la mise scène.

Absurde culture que démontre le film, bien que la glorifiant, de ces spartiates pour qui ne comptent que la force et la rage de vaincre.

L’histoire a toujours démontré que les tyrans ne tolèrent pas la faiblesse, rêvent d’une race « pure » et créent un système sur le culte de la personnalité du chef. Aucune culture de ce type, heureusement, n’a jamais résisté bien longtemps.

Seuls les régimes démocratiques, avec pouvoirs et contre pouvoirs, ont pu s’imposer dans la durée.

La grandeur d’une société se mesure à la place qu’elle accorde aux faibles et aux handicapés. (À méditer) Et le pouvoir qui veut durer doit accepter le contre pouvoir. La démocratie se mesure bien plus au respect de la minorité qu'à l'imposition de la majorité.

Je voyais les réactions de mon jeune ami et me disais qu’il était bien facile parfois de fanatiser des jeunes autour de quelques valeurs simplistes qui font du muscle l’arme première pour imposer ce que le cortex ne sait faire. Pire parfois en promettant un au-delà heureux à ceux qui se sacrifient pour des idéologies.

Bonne discussion donc à la sortie de cette super production où l’hémoglobine coule à flot, dans des décors grandioses et des couleurs sépias très belles.

Belle œuvre dantesque d’un point de vue cinématographique du genre péplum, mais assez nulle, caricaturale dans le récit de cette guerre du fameux Léonidas (qui n’avait rien des bonnes pralines du même nom.lol)

Et le passé rejoint parfois le présent quand on voit aujourd’hui l’Iran, l’Irak et bien d’autres pays en conflits.

Le drame me semble t-il est que les hommes aiment parfois mieux la guerre que l’amour.

Je ne suis pas de ceux là et qu’est ce que j’ai aimé faire l’amour aujourd’hui, comme hier et j’espère encore demain !

Mik.

21:18 Écrit par mik dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

02/04/2007

Lettre154 (Début de nuit)

place du marché

Mon cher ordi,

 

Parfois, je voudrais que tes yeux (ou disons ta webcam) enregistrent ce que voient les miens.

Le soleil a brillé hier et à son coucher, je m’aventurais dans le cœur historique de ma ville. Juste le temps, comme j’aime parfois, de ressentir à une terrasse, à un bar, battre celui de ses habitants.

Il n’était pas tard, et je croisais déjà bien des paumés, ceux qui seraient peut-être encore là le petit matin.

Certainement pas cette gentille mémére, titubant non d’alcool mais de vieillesse, sortant pour dernier pipi du jour, deux toutous du même âge révélant la triste solitude de l’attachement de celle qui tenait tant bien que mal leur laisse.

Plus sûrement celui de cet homme aux cheveux gras, qui au sortir du night shop, décapsulait sa canette de bière bon marché, ou celle de ce couple laissant pour poubelle la moitié d’une pizza, comme un peu dégoûtés non de l’assiette italienne, mais simplement d’une vie qui sans doute avait perdu quelques illusions d’amour.

Que dire alors de ce bar gay, où parce qu’arrivé avant 22 heures, je recevais deux bières au prix d’une ? J’y voyais certes un peu d’amour dans le baiser de ce minet adressé au barman plus âgé avant de le quitter pour aller travailler dans autre lieu. A côté, deux folles se disaient avoir perdus leur amour, tandis qu’entrait un mec pas mal mais déjà bien beurré !

Puis, il y avait ce baiser furtif, un peu semblable à celui donné jadis au jardin des oliviers, de l’ami un peu disciple.

Je reprenais alors la route vers toi, cher ordi, remplis de ces images un peu tristes de la vie nocturne peu ardente que commençaient certains au dehors, espérant qu’au-dedans des façades peu reluisantes au dessus de commerces peu éclairés se jouaient de façon plus heureuse la comédie humaine.

J’avais hâte de ton clavier pour retrouver mon jeune ami d’une autre ville qui, elle aussi, vivait sans doute les bonheurs et les drames de l’amour, de l’amitié, de la banalité, des rêves éveillés ou envolés.

Bref instant de partage avec lui déjà fatigué de s’être reposé !

Il est de ces soirées où mes yeux semblent détectés toutes les difficultés de vivre à deux, de vivre seul, de vivre famille.

Je me suis mis au lit, me disant encore que, malgré tous les emmerdes que j’ai pu avoir, jamais je ne m’étais emmerdé dans la vie.

Je ne trouve aucun sens réel à celle-ci, sinon la raison d’être simplement vie.

A nous d’embellir ou non ce cadeau qu’un jour deux corps unis, ou demain plus encore  qu’aujourd’hui  éprouvette fécondée, nous a donné par amour ou par hasard.

Car tellement vrai que si la vie ne vaut rien, rien ne vaut la vie.

Mik.

dyn004_original_400_300_pjpeg_2577719_7a4a52dc2cf21c13b4be6544fd83d2b8

 

10:45 Écrit par mik dans Général | Lien permanent | Commentaires (13) |  Facebook |

31/03/2007

Soirée blogueurs

decoration

Merci à Muriel pour l’idée et la réservation de cette belle soirée amicale au bowling de Liége.

Tout a bien commencé et chacun est passé sur le grill aux parfums provençaux avant de se lancer sur les pistes de boules à trois trous où, comme à l’école des fans, tout le monde a gagné puisque seuls la bonne humeur et l’amitié comptaient.

Pour les plus tardifs, nous nous retrouvions au Karaoké de l’étage supérieur où, à l’exception d’une extinction de voix d’un bon pompier, de sa jolie sorcière bien-aimée et d’un gentil contrôleur de train, chacun y alla de sa chansonnette. Bonne ambiance, malgré le manque de grand public que méritaient les voix sublimes d’une soirée de blogueurs en liesse.

Bon week-end à toutes et tous.

Mik .

bowling-07

03:37 Écrit par mik dans Général | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook |

28/03/2007

Lettre153 ( Vrai et faux moi)

1149454825

Cher ordi,

Souvent je mets sur mon « avatar » de MSN : «  je suis ce que je suis ».

Mais qui suis-je au fond ? Qu’est-ce qui fait mon vrai moi ?

Suis-je parfois ce faux-moi qui dès notre enfance se construit pour plaire, séduire papa et maman ?

Suis-je ce faux-moi qui pour entretenir plus tard de bons rapports avec un entourage toujours plus large puis avec avec la société, présente des attitudes conformes à la « bonne » éducation reçue ?

Le vrai-moi serait-il alors mes pulsions, mes envies cachées, ma vie secrète intérieure, mon désir de liberté de faire selon ce que je ressens ?

Comme souvent, je crois plus vrai et préférable, de penser que je suis à la fois le faux et le vrai moi !

Je sais que mon faux-moi a certainement diminué avec le temps, occupant maintenant peu de place. Il a certainement fallu aussi que je m’habitue à ce que le vrai-moi soit parfois mal vu, blessé, réprimé. Pas simple de se montrer dans toutes nos dimensions.

Lorsque je regarde un peu autour de moi et décode, je vois encore de très nombreuses personnes trouver une espèce de sentiment d’existence dans des futilités ( enfin ce que j’estime futilités), ou aussi dans une illusion, à mes yeux, d’utilité. Ce qui semble brillant chez certains, me parait de plus en plus comme étant souvent amputé de véritable existence personnelle.

Il m’a fallu une longue thérapie pour voir mieux en moi. Il a fallu presque passer par une douloureuse étape de non-existence pour enfin me reconnaître dans les multiples morceaux qui forment mon entier.

Mais, même si toujours fragile, quel bonheur alors de vivre un moi plus authentique et percevoir en mon corps un vrai, calme et serein, sentiment d’exister !

Mik. 

09:16 Écrit par mik dans Général | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

27/03/2007

Parano?

J’avoue ne plus savoir que faire pour aider un ami. Vraiment pas facile et je crois qu’il est parfois préférable de prendre distance et  de laisser celui qui a besoin d’aide se confronter seul à la réalité. J’ai eu tort parfois d’être une espèce d’intermédiaire entre des personnes qui souffrent manifestement de troubles importants de la personnalité.

Sans vouloir être trop simplificateur, je ne sais si vous aussi, vous avez déjà été confronté à ce que nous pouvons nommé des « paranos ». Nous le sommes tous certainement un peu, mais certains dérapent et s’y installent. Rien à faire alors, sinon d’avouer son impuissance et de conseiller la cure thérapeutique.

En lisant un peu sur ce sujet je lis :

« Le délire paranoïaque s'installe de façon structurée et progressive selon un ordre bien spécifique, une forme de cohérence, et une clarté souvent communicable, de telle sorte que l'entourage peut parfois s'associer au délire. Enfin de façon également elliptique on relève la place essentielle occupée par les troubles de l'identité sexuelle clivés et par la non reconnaissance radicale (déni) de l'homosexualité dans la vie affective du sujet si on se place d'un point de vue psycho dynamique ».

Pas question pour moi d’entrer donc dans ce délire….

« Les personnalités paranoïaques se caractérisent par quatre traits fondamentaux qui entraînent à terme une inadaptabilité sociale :

1.         la surestimation pathologique de soi-même ;

2.         la méfiance extrême à l'égard des autres ;

3.         la susceptibilité démesurée ;

4.         la fausseté du jugement ;

On peut distinguer plusieurs états délirants dans la psychose paranoïaque constituée :

          le délire d'interprétation ; pour un paranoïaque, tout fait, même mineur, est considéré comme significatif de la justesse de son inquiétude.

          Le délire de persécution ;

          Le délire de revendication ;

Le délire de survalorisation (invocations de contacts répétés avec des personnes célèbres), »

Je retrouve là bien des caractéristiques tant de la mère que du fils qui est un ami.

Je sais déjà l’agressivité qu’il aura en me lisant. Qu’importe, j’avais besoin de ce coup de gueule et je n’ai aucune envie de poursuivre une relation qui puisse lui faire croire au bien-fondé de sa, de leur, paranoïa.

Mik.

01:03 Écrit par mik dans Général | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

25/03/2007

Lettres 152 ( transmission du savoir)

Cher ordi,

 

Tu es devenu une source incroyable de connaissances.

Je me pose cependant toujours la question : c’est bien d’instruire, mais qui à travers toi distribue les connaissances, qui les reçoit et quelles genres de connaissances ?

Je me réjouis pourtant de la multitude des mouvements d’idées que tu peux distribuer.

Nos « maîtres » à penser ne sont plus uniquement ceux qui étaient payés pour donner leurs connaissances qui souvent en certaines matières étaient nourries de préjugés de toutes sortes.

Sans nier l’importance de l’enseignement, je me dis qu’il n’est plus de nos jours qu’un élément parmi tant d’autres de transmissions de savoirs et de connaissances.

Je ne suis ni nostalgique du passé, ni inquiet pour l’avenir.

Mik.

22:59 Écrit par mik dans Général | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

23/03/2007

Lettres 151 (individualisme)

Cher Ordi,

 

Ces derniers jours, tu m’as peu emmené sur les autres blogs.

A vrai dire, j’ai un peu une overdose d’écoute et d’attention à l’autre.

Peut-être, ai-je plus conscience parfois que chacun vit dans un grand individualisme ( moi y compris) et qu’il se fout au fond assez bien de ce qui peut se passer en dehors de lui ou de son entourage direct ?

Je suis d’ailleurs toujours surpris de voir mon compteur de visites tourner très au ralenti quand je laisse moins de commentaires auprès d’autres blogs !

Ne croyez pas à la moindre animosité ou déprime de ma part. Cela me semble bien normal et ce constat n’a pour objectif que de communiquer ce que j’ai sur la patate en ce moment, tout en continuant à apprécier toute l’amitié née au gré des rencontres venues ou non par toi, cher ordi.

Bon we. À toutes et tous. Le mien sera bon, peut importe le temps !

Mik.

20:54 Écrit par mik dans Général | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook |

22/03/2007

Parcours d'un patient au CHU du Sart Tilman à Liége

10H. Vous arrivez à l’heure prévue à l’accueil.

Contrairement à ce qui était prévu, vous ne pourrez disposer d’une chambre individuelle, et devrez attendre dans les couloirs en attendant qu’une chambre se libère.

Vous allez ensuite faire une série d’examens d’un service à un autre.

17H. Vous avez enfin votre chambre, mais pas individuelle.

18H. Vous recevez la visite de l’anesthésiste qui vous informe ne pas avoir reçu de dossier de votre cardiologue traitant. Impossible encore de déterminer si l’intervention se fera sous anesthésie totale ou locale.

De quoi donc, sans passage de votre chirurgien et sans grande explication de ce qui va se passer, être rassuré et déstressé, alors que on sait l’importance d’être en état « relax » pour une intervention au cœur...

Lendemain matin.

Salle d’opération.

Là vous voyez pour la première fois votre chirurgien qui déclare que vous êtes bien jeune pour le placement d’un pacemaker !

Réveil dans chambre en compagnie d’autres opérés avec des cris des uns, rires des autres et vous vous apercevez qu’alors qu’on vous avait prévenu d’une intervention à gauche, votre cicatrice et fils sont à droite !

Retour dans votre chambre, avec baxter antidouleur.

Vous avez envie de calme, la télé de votre voisin de lit fonctionne.

Vous savez donc que votre opération s’est bien passée, mais sans plus.

Aide de votre épouse pour uriner et éviter la sonde promise si vous ne pissez pas !

Langage pipi, caca, comme si vous aviez 4 ans !!

Aucune visite de médecin.

Vous avez soif le soir et demandez une bouteille d’eau. Impossible, si il fallait aller chercher une bouteille pour chaque patient….voilà la réponse.

Surlendemain matin.

Radio de contrôle. Tout va bien, le pacemaker n’a pas bougé.

Vous pourrez sortir à 14h. de l’hôpital. Vous n’aurez donc vu et dialoguer avec aucun médecin.

Pour le traitement à suivre, on vous conseille de poursuivre celui que vous aviez avant, sauf pour l’anticoagulant dont vous devrez demander à votre médecin traitant la posologie à prendre.

Vous rentrez chez vous dans un grand état de fatigue, ne vous sentant pas trop bien et ne pouvant avoir une visite du généraliste que le lendemain matin.

Vous possédez juste une enveloppe à lui remettre ainsi qu’une pour votre cardiologue, qui lui, malgré sa promesse de venir vous voir est injoignable !

Ceci n’est pas une fiction !!! No comment...

Mik.

09:45 Écrit par mik dans Général | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : chu liege |  Facebook |

20/03/2007

Lettre 150 ( humaniser l'hôpital)

Cher ordi,

 

Je sais que tu es une machine. Normal donc que tu transmettes, sans toi en avoir, un peu d’humanité!

Et bien parfois tu n’es pas le seul.

Ce petit préambule pour mon sujet du jour, inspiré par l’hospitalisation de mon gendre dans une clinique universitaire, espèce de grosse machine aussi où l’humain n’est pas toujours au rendez-vous.

Si nous n’avons pas souvent grand-chose à reprocher sur les actes techniques de nos éminents médecins et chirurgiens, nous ne pouvons pas dire que l’accueil du patient, son information, son installation soit bien au point.

Du guichet à la chambre (quand il y en a une…), il y a un déroulement qui souvent est bien angoissant.

Les passages de médecins, la transmission du dossier médical, la préparation à l’anesthésie, les informations sur ce qui va se passer, la coordination entre les divers intervenants, manquent d’un suivi et se font dans une espèce d’improvisation ou d’urgence qui laisse rêveur ! Idem après l’intervention, où la famille autant que le patient ont souvent comme seul renseignement que cela s’est bien passé, en attendant ( quand il passe) celui qui a justement poser l’acte salvateur.

Rien donc en général à reprocher aux actes médicaux posés avec compétence, aux traitements vite appliqués et au personnel infirmier qui, très surchargé, tente de faire un maximum pour prodiguer les soins adéquats.

Pour le reste, c’est autre chose. Le patient se sent comme un pion qui n’a qu’à obéir et suivre les instructions courtes qui le mènent d’analyse en analyse, de salle en salle, de soins en soins.

C’est l’usine à guérison où vous vous réveillez au milieu d’autres qui crient, rient, se taisent.

Peu d’intimité aussi dans des soins urinaires et autres pratiqués sans grande discrétion.

A quand un personnel «  d’inter face » qui puisse, comprenant la surcharge des médecins et du personnel infirmier, assurer de façon humaine et compréhensible la transmission au malade et à sa famille d’une information correcte sur ce qui va se passer, ce qui se passe et se passera !

A quand une prise en charge un peu moins infantile du patient qui se sent perdu dans ce monde bien particulier de l’hôpital ?

Humaniser la prise en charge n’est rien d’autre que de reconnaître la nécessaire prise en charge globale du patient, autre que simplement la suite d’actes techniques.

C’est rassurer chacun dans sa peur, son angoisse, ses appréhensions de subir ceux-ci.

Il y a vraiment encore beaucoup à faire pour que l’hôpital favorise mieux la rencontre de vie en tenant compte des émotions, de l’appui indispensable aussi de la famille du patient au moment de l’entrée et du séjour de ce dernier.

Mik.

23:24 Écrit par mik dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

19/03/2007

Lettre 149 ( je n'ai pas de tête)

Cher ordi,

 

Me revoilou avec à raconter les petites choses de la vie. Point de grandes pensées, mais bien plus celles plus attentives encore à ce qui se passe chez mes proches.

Un petit séjour chez ma fille pour aider un peu la veille de l’hospitalisation de mon gendre à qui, bien que jeune, on doit placer un pasmaker. Les progrès en technique cardiaque sont considérables et je suis certain que tout va aller pour le mieux.

Une de mes amies, elle, attend de faire un prélèvement pour son cancer au sein.

Nous vivons dans un pays qui ne doit pas se plaindre de la qualité apportée aux soins de santé.

Mais voilà, bien que très gâtés, nous sommes encore très exigeants et trouvons toujours à redire. Je me mets dans le sac aussi…

C’est fou ce que nous voyons toujours notre sort à travers notre prisme, sans tenir compte de l’ensemble.

Si j’aime la politique, c’est que justement, elle traite, doit voir et décider des mesures pour le bien collectif.  Dépassons de temps en temps notre jugement étroit sur les bienfaits matériels qu’en retirent ceux qui nous gouvernent, même si la tentation est grande.

A ce propos, grosse discussion encore hier soir chez ma fille. Je ne vous raconte pas les détails de la plainte des indépendants avec TVA à payer, non assurance en soins de santé pour les petits risques, les charges trop lourdes pour le personnel, l’injustice des allocations familiales, etc.

Il y a à boire et à manger dans tout cela…

Mon père me répétait toujours (lui qui était devenu très à droite) : «  si à 20 ans,  tu es de droite, c’est que tu n’as pas de cœur et si à 40ans tu l’es encore, c’est que tu n’as pas de tête ».

Et bien voilà, je suis toujours de gauche (disons centre gauche). Donc je n’ai toujours pas de tête. C’est ce que tentait de me faire comprendre ma fille, qui, pourtant assistante sociale de formation, a franchi, elle, le cap gauche pour passer à droite. Ne parlons du fils, qui lui étant banquier, est passé depuis longtemps sur la rive libérale.

J’avais beau argumenté, rien n’y faisait. Les chômeurs étaient des fainéants, surtout les femmes. Les tricheurs de l’Etat de Providence y en a marre. On se demande si travailler alors vaut encore la peine, surtout quand on voit le nombre d’heures que font les indépendants pour finalement gagner moins à l’heure que la femme de ménage. Assez de toujours reporter tout sur l’éducation à l’école alors que les parents agissent de plus en plus en irresponsables, et j’en passe.

Je n’ai évidemment pas la même vision, et je devenais même assez dur en prenant leur style de vie : qui a une maison qui vaut au moins 20 millions ? Qui a une merveilleuse piscine dans le jardin, qui roule en Mercedes ? Qui a la chance de pouvoir suivre les études des enfants et leur procurer un cadre de vie où il fait bon étudier parce que bon y vivre, etc.

Colère alors ! Oui mais tu te rends pas compte toi : cela c’est une plus value immobilière… Bref, rien n’y faisait et chacun restait sur sa position en allant rejoindre ses pénates.

A travers cet aspect concret des choses, je constatais de nouveau, les difficultés de trouver le juste milieu d’une solidarité sociale si nécessaire.

Pourtant si nous devions arriver à ce que tout ce dont nous bénéficions soit payé au prix coûtant, nous vivrions l’enfer d’une société libérale avec un fossé inhumain entre riches et pauvres. Ou, aussi dramatique, à ce que la charité remplace la solidarité.

Alors, moi, je reste attaché à une société plus juste où le travail devrait être moins taxé que le capital, où le bien portant paie pour le malade, où celui qui a du boulot paie pour celui qui en cherche (j’ai bien dit qui en cherche) et ne trouve pas. Pour une société qui tente de procurer une égalité de chance d’études pour celui qui rentre chez lui, qu’il habite un HLM ou une belle maison bourgeoise. Incompatible avec les lois de la jungle du marché de la consommation ? Je ne le crois pas. Ceux qui créent la vraie richesse d’un pays sont d’ailleurs peu nombreux et le fric qui tourne est souvent mal réparti et va dans la poche de ceux qui ne le méritent toujours parce qu’ils travaillent plus ou sont plus utiles à la société.

Mais voilà je n’ai pas de tête et appartiens à ceux qu’on taxe de gauchisme, simplement parce qu’ils veulent faire tourner, de façon plus égalitaire, le fric autrement. Je n’adhère que très peu au discours et aux actions de ceux qui clament les mérites du travail, de l’entreprise, des devoirs, de la citoyenneté, du courage, de la responsabilité, et créent ainsi une espèce de jungle où le plus fort ou le plus intelligent doit toujours l’emporter sur le plus faible.

Je persiste et je signe. Je suis un personnaliste, qui ne veut ni d’un collectivisme trop grand qui oublie la personne, ni d’un libéralisme qui oublie la solidarité en ne tenant compte que de l’individu (entendez l’individualisme).

Voilà cher ordi, j’avais fait un effort pour être plus concis et plus court ces derniers temps…

C’est loupé pour ce jour !

Il n'empêche, faut que je le dise aussi, en nous levant, nous étions de bonne humeur en faisant allusion à notre discussion du soir. Ah, c'est beau la démocratie, plus encore quand elle est familiale!!

Mik.

18:48 Écrit par mik dans Général | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |