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29/04/2017

La fin de l'Europe?

europe.jpgCe qui se passe en France me parait grave. D'abord pour les Français, mais aussi pour les Européens. Une France malade qui n'a le choix qu'entre Macron et Le Pen et une Europe moribonde qui s'accroche à son austérité n'annonce rien de bon. La défaite amère, quelle que soit le vainqueur en France, se fait l'augure d'une période noire, voire de guerres. Le pire est à venir. Les accords entre les "grands" ont toujours été trahis et volés en éclats par la pression des peuples malmenés et appauvris qui, hélas, se choisissent d'autres chefs qui les trahissent à nouveau. Alors que la moitié des français ne sont ni pour l'un, ni pour l'autre candidat, tous les deux se perdent aujourd'hui dans l'invective et l'anathème de leur concurrent, plutôt que d'expliciter leur programme. Ça pue! Reste une petite chance sur la majorité du parlement dont pourrait émerger une autre politique que celle du repli sur soi de Le Pen la menteuse ou du dynamisme de pacotilles de Macron, valet de la finance.

Il serait évidemment injuste de mettre toute cette mélasse nauséeuse sur le dos de la France. Nous ne sommes pas mieux lotis chez nous et ailleurs. Un point important pourrait pourtant quelque peu changer les choses. Celui qui rétribuerait normalement nos élus et leur interdirait une carrière politique. On éviterait ainsi et les luttes de pouvoir et les appâts de fric. Cela éviterait en tout cas la montée des populismes. Cela redonnerait une valeur à une politique populaire qui met, avec raison, sur le dos des politiciens, qui prétendent défendre le citoyen et ne font qu'en abuser, la responsabilité de la pauvreté grandissante. Si les mesurettes proposées hier par nos ministres wallons vont dans le bon sens, elles sont nettement insuffisantes.

Mais plus important encore sera d'arriver à une démocratie autrement que par les urnes. Vous ne voulez pas que les riches partagent ? Vous voulez continuer à vous goinfrer sur le dos des travailleurs? Et bien ce temps est fini. Et ça va se jouer dans la rue, avait averti Mélenchon: Les gens n'en peuvent plus. Vous ne voulez pas écouter... tant pis pour vous.

Ce qui se passera au lendemain de la présidentielle en France sera intéressant à suivre. Nous verrons si la politique dictée par l'oligarchie de la politique et de la finance aura le dernier mot. Et pour ne pas y arriver, il nous faudra être solidaire avec tous les insoumis européens.

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28/04/2017

Qui veut soumettre les insoumis?

macron le pen.jpgIls ont un culot incroyable, les adversaires d'hier de Mélenchon. Ceux qui disaient que le programme économique de Mélenchon et celui de Le Pen, c'était les mêmes (comme François Lenglet, "éminent" journaliste, lors de l’Émission politique sur France 2), ceux qui affirmaient que Mélenchon était un ami des dictateurs, un ami de Poutine, de Castro, d’Assad…Ils osent tout, y compris nos politiciens qui ne cessent de vilipender le PTB en le traitant de stalinien, de Corée du Nord et qui aujourd'hui montent au créneau pour un vote stalinien! Ceux qui vomissent la dictature et préconisent le culte du chef Mélenchon obligé de faire voter ses ouailles, la main sur la couture du pantalon, pour Macron. Ceux qui qui trouvaient d'innombrables points communs entre Le Pen et Mélenchon (les éditocrates et autres plumitifs). Tous ces "braves" gens, parmi lesquels ceux qui ont contribué à faire grimper le FN, comme Jack Lang, demandant hier à Mélenchon de les aider à faire barrage contre le FN. C'est incompréhensible. C'est incohérent. Ça défie toute logique. Si Mélenchon est quasiment comme Le Pen, pourquoi lui demander de la combattre?

Tout ce brouhaha des pétocheurs démocrates me fait bien rire. Toute cette campagne de la peur relayée par des médias à 90% aux mains de milliardaires est bien dans la ligne du markéting capitaliste. Il a donc bien raison Mélenchon de laisser planer le doute, de s'en référer à ses milliers d'électeurs avant de se prononcer. Au moins cette période peut mener à la conscientisation des trahisons de tous ceux qui clament la démocratie par peur de perdre leur pognon. Et puis, soyons réalistes. Qui pourrait croire à la victoire de Le Pen? Sauf grosse surprise, Macron occupera bien l'Elysée. La très petite minorité des insoumis qui accorderont leur vote à Marine la populiste sont celles et ceux qui n'auront rien compris au programme et vision de leur "patron"; celles et ceux qui ne sont que dans une contestation personnelle sans esprit collectif. Pour les autres, comme l'indique les sondages, ils s'abstiendront et 50 % voteront Macron. Et à droite, ce sera pareil. A ce propos, bizarre de ne pas voir la révolte envers des élus de droite qui appellent à l'abstention!

Un grand non donc à celles et ceux qui veulent soumettre les insoumis par une intoxication de la peur et une dite raison. Faisons confiance aux Français qui ne veulent ni Macron, ni Le Pen. Le score du vainqueur doit se faire de justesse et prouver qu'il n'a l'approbation électorale que sur un fil. Lui donner une large victoire serait la plus grosse erreur et un encouragement à pratiquer une politique impopulaire sous couvert d'une fausse légitimité électorale.

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25/04/2017

Quand les égos politiques baisent le peuple…

hamon et mélenchon.jpgNon, le peuple français n'est pas majoritairement à droite. L'addition des voix de gauche lui aurait donné une large majorité. Une simple alliance entre Hamon et Mélenchon aurait évité le pire choix qui se pose aujourd'hui. Même une alliance Poutou, Arthaud, Mélenchon aurait suffi à contrer la peste brune de Le Pen et l'aurait emporté au deuxième tour face au curé Macron qui prêche le rassemblement pour mieux piller les pauvres croyants du libre marché. Effrayant d'entendre de braves gens se rallier à ce prêtre libéral sans connaître le fond de l'évangile qui les mène à l'enfer. Que contient son renouveau? Faire passer la retraite par répartition en retraite par capitalisation en un système de "points", comme chez nous Bacquelaine avec sa gueule de bourg gentil. Avec le Medef, le CAC 40, Macron instaurera le prélèvement à la source. Il  manipulera la CSG en rendant le bulletin de paie non obligatoire, et en le "simplifiant" pour qu'on ne voit plus ce qu'il y a dessus. Un vrai hold- up géant de 450 de milliards de la protection sociale : au lieu que ce soient les patrons les actionnaires qui la payent en direct, ce sera l'impôt le plus injuste, celui de la la TVA et non l'impôt sur le revenu. Sans supprimer complètement l'impôt sur la fortune, il va "l'aménager", comprenons l'alléger. Macron, c'est la loi El Khomri amplifiée pour laquelle la rue s'est dressée et qui ôte la protection du travail sous le couvert de la flexibilité. Macron c'est le libéralisme débridé, le prédicateur du libre marché sans frein social, le pire ennemi de la protection sociale. C'est cette politique à la Hollande qui loin d'être centriste offre à Le Pen des ailes. Et voilà pour qui il faudrait voter? Pour ce pourfendeur de la protection sociale basée sur le salaire et le travail, sous prétexte que le monde a changé.

La défaite de la gauche, c'est simplement l'impossibilité des socialistes de trancher entre des politiques à la Valls et celles que prônait Hamon. C'est cette politique à la Elio chez nous, avec la sinistre politique de son gouvernement qui a laissé la porte grande ouverte au MR et à la NVA. Résultat de cet horrible gâchis: le peuple, que le PS dit défendre, est complètement baisé.

L'égo de Mélenchon qui a cru qu'une fantastique campagne suffirait à arracher in fine une victoire s'est aussi planté. Sans renforcement des liens et un renforcement de coopération qui pouvaient au moins tenter de réunir autour de lui des Poutou et Arthaud, se vantant même d'avoir su "résister à l'unité", l'extraordinaire tribun a contribué à l'échec d'aujourd'hui et je comprends sa profonde déception. Espérons qu'il en tirera les conséquences pour le 3ème round des législatives.

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24/04/2017

Notre PS tirera-t-il des leçons de la présidentielle française?

rose1.pngSi comparaison n'égale pas raison, il me semble qu'il a un certain parallélisme possible entre ce qui s'est passé au PS français et ce qui est en train de se passer au PS chez nous. Il y a chez les deux un tel appareil de parti éloigné de la base que la chute est irréversible. La vieille et nouvelle garde des apparatchiks du parti semble totalement ignorer et le besoin de nouvelles têtes, et surtout le besoin de s'écarter d'une orientation libérale, dite réaliste. Nous venons encore de le constater par les résultats du vote de la Fédération liégeoise qui a mis à sa tête le candidat Jean-Pierre Hupkens qui ne représente en rien un nouveau souffle, mais bien la prolongation de la mainmise des Demeyer, Marcourt, Mathot et consorts. L'inamovible Di Rupo et son clan de parvenus risquent bien de faire éclater un parti qui n'a plus comme socle de valeur que la lutte des places.

A l'image de la France insoumise de Mélenchon, le PTB, avec son soutien clair et affirmé du Parti communiste et d'autres forces associatives et citoyennes de gauche, mène une action constante de terrain, de réflexion, de propositions, fera mal en premier au PS, mais aussi à la droite. Le dénigrement et la diabolisation du PTB, loin de servir à une refondation des valeurs de gauche , font sombrer les socialistes dans une concurrence qui n'apportera aucun bénéfice. Son dit projet de renouveau intitulé "chantier des idées", qui devrait en principe mobiliser toute son énergie et son intelligence, s'essouffle dans une stratégie d'une campagne anti-PTB tout en lui "piquant" quelques points de programme mais sans vraie vision créatrice d'une nouvelle société. L'anticapitalisme semble le gêner. Il se perd alors dans la recherche d'une virginité perdue dans la longue série de scandales dans lesquels il a trempé et trempe encore.

Ce qui s'est passé en France hier, avec une extrême droite pas aussi haute qu’elle l’aurait voulue, avec une droite conservatrice qui semble logiquement affaiblie, quoique… et un ensemble social-libéral et droitier aux contours flous et à la majorité incertaine aux prochaines législatives, pourrait aussi se passer lors de nos prochaines législatives.

La France insoumise n'a pas dit son dernier mot. Elle va, j'espère, garder la force d’une campagne exceptionnelle qui a mobilisé des millions d’hommes et de femmes souvent engagés dans la vie sociale, porteurs d’une volonté de transformation politique allant au-delà du scrutin présidentiel et législatif. Le PTB, lui aussi, mobilise cet élan de renouveau, face à un PS qui s'enlise dans les sables mouvants de petits calculs électoraux et d'alliances de pure opportunité pour maintenir ses avantages de pouvoir.

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20/04/2017

Oui, le PTB est dangereux

ptb question.jpgL'émission " Questions à la une" de ce mercredi ne sait pas privée de diaboliser le PTB, parti qui a le vent en poupe dans les sondages. L'argumentaire tenait essentiellement sur le passé de ce parti communiste et trotskiste. Ah, l'histoire! Au cours des siècles, les partis évoluent avec les sociétés et les régimes gouvernementaux dont ils sont issus. Mais, oh l'horrible Staline est dévoilé, sans évoquer évidemment l'avant régime communiste. Celui où la question religieuse, par simple exemple,  se greffe sur des conflits nationaux et où la religion orthodoxe est celle de l’Etat russe. Brave sans doute l'empereur Nicolas I ratifiant un concordat rétablissant la hiérarchie catholique en Russie, mais maintenant par contre les lois sur les mariages mixtes obligeant les parents à élever leurs enfants dans la religion officielle! Vive la liberté… Ah, l'horrible Staline, mais le brave et grand, chez nous, Léopold II dont l'attitude envers les partis est commandée par des considérations d’ordre supérieur, comme la défense nationale et le problème colonial. Les hommes ne comptent guère : on les révoque une fois qu’ils ont cessé d’être utiles… On ne va pas voir le passé du cdH, ancien PSC et parti catholique. Horrible et dangereux Marx dont on endoctrine les militants du PTB. Cet assassin de la liberté qui a osé expliquer la situation misérable de l’ouvrier en face d’une minorité privilégiée par la théorie de la " sur-valeur ". Cet affreux théoricien car attaquant des capitalistes gagnant sur chaque produit la différence entre le prix de vente et le salaire de l’ouvrier et qui tendent à réduire le coût de l’embauchage afin d’accroître leurs propres revenus et augmenter leurs moyens de production. Une référence dangereuse à interdire aujourd'hui! Horrible Castro à qui on devrait préférer des Américains si démocrates qui avaient fait de Cuba leur bordel.

Un peu de sérieux messieurs les journalistes qui tirent de l'histoire des horreurs communistes mises en lumière, mais en cachant bien celles de régimes capitalistes. Un peu de sérieux, dames et messieurs du PS qui vous prévalez de la responsabilité des représentants démocratiques dont vous êtes devenus de nouveaux princes ayant peur des nouvelles luttes ouvrières qui pourraient vous rogner vos privilèges et combines du style Publifin!

Soyons sérieux, quel parti peut s'enorgueillir d'un passé glorieux? Votre diabolisation du PTB est si facile. En réalité, vous avez peur que les milieux parlementaires et gouvernementaux soient comme paralysés par le fantôme de la rue ou de l’émeute populaire. Vous avez raison de l'être. Oui le PTB est dangereux. Mais dangereux pour qui? Pour une classe bourgeoise et élitiste qui veut sauvegarder sa fortune et ses privilèges. Vous avez surtout peur que la masse populaire prenne conscience des mirages politiques proposés par la social-démocratie. Vous avez raison de considérer le PTB  dangereux car il devient un parti fort. Un parti qui a une doctrine et un programme qui vous semblez hypocritement ignorer ou avez l'art de caricaturer. Un parti, oui, qui a comme le vôtre des chefs pour donner l’impulsion, un organe permanent de direction, des associations électorales, une presse, une implantation dans les réseaux sociaux et des institutions diverses répondant aux nécessités du moment.

Oui, le PTB est dangereux et tant mieux!

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19/04/2017

Macron: Un La Palice dangereux

macron-1.jpgDans la kermesse de cette campagne électorale française, il faut bien avouer que Macron a le pompon. Bien qu'il ne soit pas le seul à éructer des clichés fourre-tout et des formules horriblement creuses, il bat des records. Je relève quelques florilèges: « La politique est au service de nos concitoyens, et l’économie fait partie de la vie de nos concitoyens »; « La France est une chance, et chacun doit pouvoir y tenir ses promesses. » etc… Les formules roses se succèdent dans des meetings qui ressemblent à des shows publicitaires. On vend Macron comme du bonbon. Et pourtant: attention. Sous son projet flou et désarticulé, se cache bien une colonne vertébrale néolibérale. Sous sa défense d'une nouvelle société "dynamique", on peut vite y remarquer le masque rétrograde d'une technocratie étroitement liée aux milieux financiers. Rien n'est dit sur régulation financière ou de lutte contre l’évasion fiscale (un simple et vague alourdissement  des peines). L'homme qui se dit puiser ce qui bon dans la gauche et dans la droite n'est pas très éloigné de Fillon. Les vieilles recettes, causes du chômage accru et de la paupérisation grandissante de la classe populaire ressortent mais sur une nouvelle assiette décorée par des start-up et Uber. Le seul point de différence entre Fillon et Macron tient de la méthode. L'une est rude et l'autre plus sournoise. La première ressemble à du De Wever et la seconde à du Michel et Peeters. Mais chacun y va de l’obsession du  coût du travail, à l’origine, selon eux,  de tous les maux mais avec comme objectif de mieux épargner le capital. Pas question de faire le constat que les trente années de politiques néolibérales ont mené à une insuffisance de la demande au niveau global et ont flexibilisé toujours plus le marché du travail avec en conséquence l'augmentation du chômage et la perte du pouvoir d'achat. Et que dire de leur programme sur les services publics? C'est le même, avec un peu plus de vaseline chez Macron. La subtilité sémantique de ce dernier est d'ailleurs révélatrice: il parle de "services accueillant du public"! Allons-y pour la privatisation… Bref, la soupe que Macron s'apprête à servir au peuple français sera la même que celle servie par notre gouvernement. Ce n'est pas un hasard que les deux hommes se soient retrouvés en intimité à la table de chez le "vaselineur" du gotha, Stéphane Berne.

Sur son blog, Jean-Luc Mélenchon a résumé en une formule le projet de société que porte Emmanuel Macron : « Chacun pour soi, le marché pour tous ». Non ce n'est point de la caricature. A bien décoder le programme Macron, nous y verrons la démolition des normes nationales et des conventions collectives, avec comme résultat non seulement l’abaissement dramatique des droits des salariés, mais aussi la mise en concurrence accrue des travailleurs entre eux, soumis à des règles sociales différentes entreprise par entreprise, et donc poussés sans cesse à des concessions douloureuses pour être plus « compétitifs » que le voisin. Nous y verrons la même méthode que notre gentil Bacquelaine sur les pensions: « un euro cotisé (qui) donne in fine les mêmes droits à pension » ne se traduirait par « aucune baisse » des pensions. Mais c’est l’inverse qui est vrai. Il s'agit sur ce point comme pour d'autres de la rupture du système solidaire.

Ce serait donc, pour moi, un NON à Macron si semblable à notre Michel national.

 

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16/04/2017

L'utopie en politique: mort ou résurrection?

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La campagne présidentielle française montre, une fois de plus, combien toute la pensée politique et juridique semble encore tourner autour de cette interrogation essentielle de l'utopie politique. Cela ne date pas d'aujourd'hui. Il y a toujours eu à la fois un rejet et une attirance pour oser vouloir changer ce qui serait inchangeable. Etonnant de voir tous les candidats réclamer un changement de système et attaquer le seul candidat qui ose proposer l'utopie d'un vrai changement: Mélenchon. Son utopie est vite identifiée à un leurre ou un rêve; censurée en ce qu'elle serait dangereuse; parfois simplement ridiculisée. Le citoyen suit et oscille souvent entre tentation d'y croire, d'y adhérer et celle de l'exclure de sa sphère quotidienne préoccupée par ses soucis élémentaires de famille, de boulot, de santé, de fins de mois à boucler. Mais attention. Le rapport que chacun entretient avec le nécessaire, le rationnel et l’irrationnel, l’idéal et la raison ainsi qu’avec l’excès et la mesure est complexe. Le politique le sait et en joue. Ce qui me plait chez Mélenchon est son audace de remettre de l'utopie en politique et il n'est pas le seul en Europe. Une utopie fondée sur des principes de justice clairement identifiés et mesurés qu’il propose. Reste à voir si sa politique aura le succès que j'espère car, comme le pensait déjà Machiavel, la politique obéit à une rationalité fondée plus sur l’idée de calcul que sur des sentiments ou des idéaux. Mélenchon utilise même le terme de bonheur. J'y reconnais sa culture des Anciens pour qui la cité n’est pas qu’un ensemble d’hommes unis par le besoin, mais réunis afin d’obtenir le bonheur. Mais un bonheur, entendons-nous bien, qui n'est détachés des circonstances matérielles. Et si ses propositions peuvent paraitre, selon ses adversaires, irrationnelles, elles ont le mérite de donner des clés, de fixer des orientations pour aider les hommes à sortir du malheur dans lequel la vision trop politicienne de la politique les enferme. Celle d'une société commerciale organisée en vue de faux besoins qui spolient les plus faibles au profit des plus forts. Mais cette résurrection, cette "pâques" de l'utopie bien comprise risque bien d'être encore battue par le conservatisme d’une longue période de néolibéralisme qui n'a cessé de promouvoir le marché autorégulateur. Joyeuse Pâques!

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12/04/2017

L'agonie du PS français présage celle des socialistes chez nous.

phi4.jpgS'il faut toujours rester très prudent avec les sondages, il semble cependant certain que l'agonie du PS français se confirme. Rien de bien étonnant. Sabotant la primaire de gauche qui avait élu le candidat le plus à gauche et rebelle à la politique de Hollande, les parvenus et corrompus du pouvoir ont rallié, en silence ou tambour battant, la mascotte Macron. Fini la lutte des classes et vive la lutte des places! Les valeurs de solidarité, de justice fiscale et de redistributions sociales ont cédé, depuis des décennies, le pas au marché boursier, à la finance, à la productivité du profit. Le poing levé a fait place à la main ouverte des rapaces des multinationales et serre en bonne conscience celles des représentants des lobbys des nantis. Rien d'étonnant donc que socialistes rejoignent celui qui porte le projet d'une vraie gauche. Lassés des trahisons envers Hamon, il n'y a plus comme recours que Mélenchon. L'excellent tribun porte un projet collectif cohérent qui peut permettre un mieux vivre aux Français. Loin des mesures de haine, de racisme, de repris de soi et de fausses égalités de la bourgeoise gueulante de la Le Pen, Mélenchon fait entendre sa large culture mise au service du peuple. Avec lui, renaissent les valeurs de la lutte solidaire non seulement des plus faibles, mais aussi de toutes celles et ceux qui veulent un autre type de société.

L'exemple français augure probablement le même déclin du PS chez nous. Lassés de toute la bande des profiteurs socialistes, plus attachés à leurs petites magouilles de partages d'avantages en tout genre, les gens de gauche quittent le paquebot d'Elio. Un navire qui n'a plus que le drapeau rouge en étendard mais qui a au cours des années chargé dans ses soutes les valises et coffres d'un libéralisme édulcoré en social-démocratie. Le discours du réalisme et de la responsabilité trompe de moins en moins. Si le réalisme est que le libre marché, la concurrence, la course à la productivité et la destruction de la planète soient le centre de la politique, nous sommes de plus en plus nombreux à ne point en vouloir. Nous refusons la privatisation, tellement vantée par le libéralisme européen, des grands leviers économiques. Elle nous mène à payer plus cher ce qui devait rester notre patrimoine commun. Nous refusons les milliards consacrés à une défense qui devient le fer de lance de guerres dans des pays où nos industriels s'enrichissent sur des matières premières sous prétexte de démocratie et de droits de l'homme. Tous les peuples ne demandent que la paix. Ils partent en guerre, parce que manipulés par les tenants de propagandes religieuses ou idéologiques qui se foutent bien de n'en faire que des chairs à canons pour augmenter leur pognon.

Le succès grandissant des gauches radicales ne relèvent pas seulement d'un ras-le-bol du "tous pourris". Il s'appuie sur un élan de vrai changement. Les socialistes européens, avec leur adhésion à une politique d'austérité menée par les bandits du clan Juncker et de ses acolytes de droite. Le navire de cet équipage, tant PS que libéral, se dirige vers l'iceberg de la résistance populaire.

La rose PS s'est flétrie. La solidarité du combat se retrouve dans le logo "phi" de Mélenchon. Cette lettre grecque comme le Fi de "France insoumise", mais aussi comme symbole de la sagesse populaire qui en a ras-le-bol des politiques individualistes et retrouve ses racines dans les fondements de notre démocratie historique. A ceux qui y voient une sorte de snobisme, il faut leur dire que: "Ce n'est pas parce qu'on parle à des gens de tous les milieux sociaux qu'ils n'ont pas de cerveau." Espérons donc le sursaut des cerveaux français pour, non seulement voter pour la personne de Mélenchon, mais maintenir un large mouvement capable de créer plus de justice et d'équité. Ce mouvement grandit aussi chez nous. Il est dans une marche bien différente de celle d'un Macron dont j'espère un dégonflement rapide de ses ballons d'illusions.

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06/04/2017

Pour une politique d'opposition mais aussi de propositions

contre.jpgUne simple politique d'opposition réussit rarement si elle ne parvient pas à imposer ses propositions. Elle ne peut se contenter d'être simplement porteuse d'une contestation justifiée. Si cela peut avoir du succès un temps, cela s'avère souvent inopérant à plus longue échéance. Dénoncer tout ce qui ne va pas comme les actuels scandales ou soutenir les actions contestataires doit s'accompagner de propositions alternatives. La droite et un Ps libéralisant le savent et en jouent pour garder le pouvoir en martelant que le "il n'y qu'à" est facile; que les propositions émises sont irréalistes et inapplicables. C'est la réponse tout aussi simpliste du capitalisme populiste aux slogans portés par une gauche obligée parfois de les employer pour être médiatisée et suivie par une opinion publique en colère. Le cri populaire du "tous pourris" ne se retrouve pourtant pas pour autant dans les urnes. Il s'essouffle aussi dans la rue. Ce qui est aujourd'hui véhiculé en bref par les nouveaux modes de communications soulève des sentiments mais laisse au frigo l'intelligence d'une information de fond. Le citoyen hésite alors entre une peur bien orchestrée qui lui ferait perdre son peu de fric et l'envie d'un changement profond où sa vie pourrait être un peu mieux traitée que celle d'un con acceptant le plein de pognon dans la poches des très grands patrons. Hélas, c'est souvent la soumission à l'injustice qui prime. Celle-ci n'est pourtant pas liée à des cons. Si la plupart y pigent peu sur la relation capital- travail établie par Marx, chacun a une idée du système qui enrichit les riches et appauvrit les pauvres. L'ouvrier ou l'employé qui perd son travail sait bien que la concurrence pour accroître le profit d'actionnaires toujours plus gourmands le place dans une précarité insoutenable. Mais face à la pression et l'impression d'une situation qu'il ne peut changer, il baisse les bras. Cette résignation ne peut être vaincue que par des propositions concrètes émanant d'une vision capable de changer le système, la mécanique qui engendre l'injustice distributive et la dégradation de notre planète. Les porteurs de changements ne seront véritables acteurs de ceux-ci que dans la mesure où ils pourront convaincre que leur contestation est assortie de propositions alternatives et crédibles. Celles-ci existent bien, mais trop peu, à mon goût, mises en avant par rapport au discours du "contre" et de la dénonciation dont je ne me prive pas!

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05/04/2017

Les "petits" candidats à la présidence française

petits candidats.jpgLe débat d'hier avec tous les candidats à la présidence française ne nous a pas appris grand-chose de la part des grands candidats. Simplement qu'une fois de plus (même avec ma subjectivité de soutien) Mélenchon fut le plus brillant, le plus cohérent et le plus innovateur. Les autres candidats étaient plus ou moins intéressants à écouter. Côté surréaliste et légèrement psychiatrique, Jean Lasalle a démontré qu'aucun n'est exclu d'une candidature. Il a au moins apporté une touche de couleur et un peu de mysticisme! Il n'a pas dit que des bêtises, mais visiblement avec un sachet où il manque quelques frites… Du côté de l'anti- capitalisme, on pouvait facilement rejoindre le discours vrai et collant à la réalité quotidienne du plus grand nombre de Poutou et de Arthaud. Ils ont appelé non pas à un rassemblement mou et inefficace mais bien à une lutte ouvrière, une lutte contre l'accaparement de la richesse entre quelques mains. Ils ont illustré concrètement les injustices sociales et présenter des alternatives via la prise du pouvoir par les gens et pas le profit. Une lutte inégale, si bien formulée par Poutou dans son: « Nous, quand on est convoqué par la police, on n’a pas d’immunité ouvrière ». Dupont-Aignan et ses collègues de droite se sont montrés souverainistes. Dénonçant l'union européenne de l'argent, ils ont prôné un "Frexit". A boire et à manger, avec beaucoup à rejeter de ces messieurs dits antisystème mais se raccrochant encore et toujours à un libéralisme qui devrait mettre fin aux "politiciens corrompus". Assez amusant, très au courant de la politique par sa formation et son passé, Asselineau n'a cessé de citer des numéros d'articles de lois et de traités comme si la politique se résumait (peut-être avec une certaine vérité) à un bottin de procédures juridiques. Cheminade ne s'est pas trop perdu dans sa politique science-fiction. Bref, les six «petits» candidats ont fait leur show, avec comme vainqueur Poutou. Je ne me suis pas trop ennuyé dans un débat finalement plus folklorique que vraiment intéressant sur le fond. De quoi faire bouger les lignes? Bien qu'en marquant très probablement des points, je crains que non.

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