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18/05/2017

Macron l'équilibriste

macron.jpgOn peut évidemment se réjouir de la parole tenue de Macron sur la formation de son gouvernement. Le renouveau des têtes est bien là. Reste à voir si autant de disparités dans les "convictions" et orientations politiques tiendront. Je me pose toujours la question de savoir ce que veut dire exactement gouverner au centre. Comment les équilibres politiques relevant d'un savant dosage qui respecte au millimètre près le positionnement "central" que revendique le plus jeune président de la Ve République vont-ils se concrétiser? Si la formule d'équilibriste d'Emmanuel Macron fonctionne sur le papier, toute la question est de savoir si ce gouvernement hétéroclite pourra mener une politique autre que celle du coup par coup. Cette mayonnaise va-t-elle prendre et surtout tenir sur la durée? Rien ne la lie vraiment et elle risque vite de tourner à la vinaigrette. L'exemple de Nicolas Hulot, défenseur d'une sortie du nucléaire, hostile au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, devra négocier ferme avec son premier ministre Edouard Philippe, qui a travaillé un temps chez Areva et qui a voté contre la loi sur la transition énergétique et sur la biodiversité, n'en est qu'un parmi tant d'autres.

Ironie du calendrier que celle de la journée contre l'homophobie qui voit nommer comme ministre Gérald Darmanin, qui fut très opposé à la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe!!

Ce qui ne disparait pas, en tout cas, ce sont les girouettes…

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17/05/2017

Renationaliser

poncelt.jpgE Philippe.jpgAssez étonnant de voir ceux qui défendent, comme le PTB, la renationalisation de grands leviers économiques et spécialement celui des énergies,  traités de communistes ringards et de marxistes.  La libéralisation, si chère à l'union européenne qui, en cette matière comme dans d'autres, nous impose de plus en plus un marché concurrentiel privé est un échec total. Nous en connaissons mieux aujourd'hui le prix.

Les dernières déclarations de J.P. Poncelet, ingénieur civil en physique nucléaire , ex Vice-Premier ministre et ministre de la Défense au sein du gouvernement Dehaene, puis ministre de l'Énergie en 1998 et qui  dirige aujourd’hui le lobby nucléaire européen Foratom, semblent ne pas avoir eu beaucoup d'écho, sinon quelques articles de presse.

On ne peut pourtant pas taxer cet homme de gauchiste! Et que dit-il? Dans sa Chronique d’une ambition énergétique manquée, il raconte les ratés européens autour du gaz, du nucléaire, des renouvelables. Il plaide pour la fin de la dérégulation du marché électrique qu'il a pourtant défendue: " J’ai vendu cette réforme de bonne foi, en affirmant qu’en dérégulant, il y aurait plus d’acteurs sur le marché. Donc plus de concurrence. Et des prix plus bas. Aujourd’hui, j’ai l’humilité de reconnaître que ça n’a pas marché. Le résultat, c’est qu’il y a moins de concurrence et que les prix ont augmenté. Sur ce marché illusoire, on vend à certaines heures de l’électricité à des prix négatifs. Autrement dit, certains sont prêts à payer pour qu’on achète leur électricité. Si ce n’est pas la preuve que cela dysfonctionne…"! Et de citer en exemple La Californie où a dérégulé totalement le marché. "Et ça a été la plus grande faillite de l’histoire des Etats-Unis. Mais il n’a pas fallu cinq ans pour réagir. Ils ont recréé une sorte de commission publique, et tout est géré par cette puissance publique, qui programme les investissements, qui détermine les tarifs, qui encourage les économies d’énergie…"!

Quand donc les partis traditionnels, à la suite des politiques menées en Europe par Junker et ses bandits, cesseront-ils de  défendre cette politique ? Ils nous entrainent droit dans le mur. Quand ils prétendent que la gauche radicale fait de l'opposition systématique sans présenter d'alternatives, ils mentent. Même Poncelet ose affirmer: "Ils n’ont pas encore viré leur cuti. La Commission est toujours dans l’idée que la solution au problème, c’est le marché. Et que si ça ne fonctionne pas encore bien, c’est qu’on n’a pas été assez loin dans le marché. C’est une erreur monumentale".

Reste à savoir si le nouveau premier ministre français, Edouard Philippe, ex directeur des affaires publiques au sein du groupe Areva, principalement actif dans le secteur nucléaire, où Poncelet a aussi été conseiller, puis directeur du développement durable et du progrès continu, sera du même avis que son ex collègue!

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16/05/2017

Qui et qu'est ce qui guide la pensée de Macron ?

ricoeur-macron.jpgJ'avoue être de ceux qui sont intrigués, voire fasciné par le nouveau président des Français. Bien au-delà des caricatures ou des raccourcis véhiculés sur cet homme, sa pensée, son action, par les médias, les "experts" politiques et même par moi, il m'intéressait de "gratter" un peu plus profondément. Opportuniste? Stratège? Socialiste? Libéral? Comment et sur base de quelle analyse, avait-il réussi ce coup de maître de bousculer les codes politiques classiques?

Qu'est ou qui pouvait guider cet homme atypique, y compris dans son couple? J'avais lu sa référence à Paul Ricœur, l'un des grands penseurs du XXe siècle. Alors étudiant, Macron lui avait servi de petite main pour faire de l'archivage dans les dernières années de sa vie. C'est ainsi qu'il entra dans le cercle de ses proches.

Bien que fort à la mode durant mes études de philosophie et de théologie, j'avais beaucoup perdu ce que j'en avais appris. J'ai donc tenté de me remettre un peu à jour sur le sujet, au point de ne pas beaucoup dormir! Tellement intéressant et éclairant. "Jouer" avec le monde des idées reste une démarche bien plus passionnante que de jouer à la console et aux bêtes jeux vidéo qui noient et ramollissent nos cerveaux! Mes vieux neurones se sont donc remis " en marche"…

Très vite, on découvre le lien de parenté entre Ricœur et Macron. Loin de tous les dogmatismes et de tous les clivages, loin de défendre des idées révolutionnaires ou iconoclastes, Ricœur a surtout le souci d'analyser la complexité des phénomènes humains en les éclairant sous tous les angles possibles. On y retient alors la mise en relief des tensions, voire des contradictions, mais où il ne veut jamais voir des oppositions tranchées. Son talent dialectique ou sa " manie des conciliations" l’amène à y découvrir des perspectives complémentaires qui aident à mieux comprendre la chose même. Plus on tient compte de la diversité des perspectives sur une question, même et surtout celles qui semblent s’opposer, mieux on comprend.

Voilà qui éclaire déjà mieux que le goût d'un simple opportunisme, le goût de Macron à vouloir allier gauche et droite. En simple langage populaire et simpliste, nous dirions que c'est du choc des idées que jaillit la lumière! Comme son "maître", Macron ne veut jamais voir des oppositions tranchées. Rien donc d'étonnant de le voir nommer Edouard Philippe, homme de droite, comme premier ministre. On en revient à la manie des conciliations et on comprend mieux son affinité avec Bayrou. Mais Macron n'a rien de la mollesse de dernier ou d'un Hollande. C'est un volontaire.

La volonté chez son référent est aussi complexe. La volonté humaine n’est pas souveraine : elle doit composer avec l’involontaire qui l’habite et qui se manifeste aussi bien dans nos besoins fondamentaux (au sens le plus large possible), que dans le fait que la volonté se montre souvent hésitante. Il n’est donc pas de volonté sans une part de " nolonté" (de nolo, je ne veux pas) qui fait partie de la condition humaine, entendons du conditionnement de toutes nos aspirations.

Du coup, voilà qui m'intéresse, moi qui suis très marxiste: " conditionnement de toutes nos aspirations"! Et de me souvenir d'avoir fait plus ou moins comprendre dernièrement  à un étudiant ce qui pouvait bien lier Freud à Marx! Pour faire bref: Freud voyait bien un conditionnement dans l'inconscient, notamment du sur-moi (ce qui nous est transmis par l'éducation, la société, les parents) et d’une manière analogue chez Marx qui voulait reconduire tout phénomène de conscience à une conscience de classe. Ou encore, comme clé de liaison entre les leçons de Marx, Nietzsche ou Freud celle où les morales peuvent être " réduites" à des faits socio-psychologiques ou historiques. Pourquoi cette digression?

Parce que Ricœur ne nie pas la puissance des processus anonymes que sont les forces historiques, telles les classes sociales. Seulement il refuse de réifier (transformer en chose, réduire à l'état d'objet un individu, une chose abstraite) ces processus, comme si de telles forces impersonnelles pouvaient agir sur la scène de l’histoire, à la limite, en se passant des " individus réels et vivants". Pour simplifier et donc trahir, on pourrait dire que tout attribuer à un système ne suffit pas et qu'il faut tenir compte de l'individu. P. Ricœur ne suit ni la voie engagée par la " science " marxiste, ni la voie inspirée par la sociologie de la connaissance dont il montre respectivement un caractère se heurtant à une contradiction logique. Tout se passe  comme si toute critique de l’idéologie était soupçonnée elle-même d’appartenir à une idéologie. Pour sortir de ce cercle vicieux, Ricœur préfère mettre en œuvre une dialectique subtile entre utopie et idéologie. En d’autres termes, une critique de l’idéologie n’est concevable que sur la base d’un discours utopique qui met à distance l’ordre social en proposant un horizon émancipateur.

Et voilà que nous retrouvons Macron dans ses discours "émancipateurs" d'une France forte dans une Europe forte. Un Macron qui évite la lutte des classes par un projet rassembleur qui veut réconcilier l'individu et la collectivité.

Le jeune socialiste et rocardien qu'il a été revient aussi à " la victoire de l’idée que la politique se tisse "entre le réel et l’ambition". Nous sommes très loin du parti socialiste par rapport à ses illusions révolutionnaires d’antan que défend Mélenchon. Un point peut les rapprocher: la moralité politique. A l'image encore de Rocard qui en faisait un préalable, Macron en fera un de ses premiers décrets. Mais la morale individuelle ne suffit pas. Il vaut mieux parler d'éthique politique, celle qui vise à mieux répartir la richesse. Et une fois de plus, nous constatons un parallélisme entre Ricœur et Macron. Ambigüité et paradoxe des deux. Ce n'est pas, selon eux, seulement en économie que l'on distribue des choses; toute la société est un grand système de distribution. Qui ne serait pas d'accord? Mais où cela devient nettement plus contestable c'est quand l'élève et le maître donnent raison aussi bien à ceux qui disent: " le social est plus qu'une somme d'individus", qu'à ceux qui font passer en premier les droits de l'individu. Car nous y voilà bien au droit et à l'introduction de l'institution dans le projet éthique qui va nous conduire à l'idée de règles. Il n'y a pas d'espace de liberté pour l'individu sans un minimum institutionnel, sans un Etat de droit.

Ce qui m'inquiète chez Macron est que son désir institutionnel du "vivre ensemble" ne puisse s'exercer que dans une fausse paix sociale. Il y aurait alors une forme de totalitarisme qu'il reproche, avec raison, dans la forme d'un communisme passé ou depuis toujours et de façon croissante dans le capitalisme.

Macron est aussi un pragmatique qui connait le tragique de l'action et qui n'en a pas peur. Il a d'ailleurs attaqué l'attitude de peur de Hollande de se faire descendre! Comme encore Ricœur, il pense que l’idée de la mort ne doit pas dévorer toute notre attention, sinon on avance plus. Il disait aussi qu'en gouvernement ne peut tout faire. On ne peut pas avoir tout à la fois la liberté, l'égalité, la justice, la sécurité... Par conséquent se pose le problème des priorités. Les divisions politiques ne reposent pas tant, pour lui, sur la nature des valeurs que sur l'ordre dans lequel il faut les mettre. Pour certains, la sécurité passe avant tout, pour d'autres, c'est la liberté. Nous avons chaque fois une vision partielle sous le couvert de l'universalité. Macron osera assumer ses priorités et sera bien moins hésitant qu'un Hollande.

Voilà donc, en résumé, ce que m'apprend la liaison de pensée entre Ricœur et Macron. Cela reste évidemment fort incomplet, mais peut, bien modestement, éclairer l'homme, la pensée et l'action de celui devenu président de la France. Nous sommes loin des clichés réducteurs véhiculés tant par ses admirateurs que par ses détracteurs.

L'homme reste à mes yeux fascinant, brillant, "habité", bien au-dessus de la médiocrité des politicards d'appareil. Il n'en demeure pas moins dangereux dans la mesure où je ne crois pas que sa vision de société puisse aboutir à plus d'égalité. Le progrès social qu'il conçoit risque bien au contraire de l'aggraver, avec pourtant plein de bonne intentions et une sincérité que je lui accorde volontiers.

Aux législatives, j'ose espérer une autre victoire, sans souhaiter le retour des combines politiciennes des partis traditionnels.

 

 

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14/05/2017

Est-ce cela la France?

macron imérial.jpgAujourd'hui, je me suis souvenu de Louis de Funès, dans "Rabbi Jacob" qui en voyant l'escorte présidentielle, s'exclamait: " C'est ça la France!". Serait-ce encore celle que nous avons vue dans les fastes de la passation de pouvoir présidentiel à l'Elysée, redevenu palais monarchique? Et de voir le public passif déjà conquis le long du parcours acclamant le nouveau roi… On n'en était plus au meeting politique, mais à l'exhibition du pouvoir sensé apporté ses bienfaits à une foule exaltée pour son chef, jeune, dynamique, beau, charismatique. Nous n'en étions plus aux affiches électorales, aux slogans, mais à une espèce d'apparat de propagande pour un chef bien-aimé qui promettait une croisade européenne et du libre marché sensée apporter à chacun la prospérité. L’identité nationale et républicaine des Français se formait autour de quelques symboles simples, répétitifs et compris par tous.

Ne nous y trompons pas. Une imagerie telle que vue et relayée toute une journée par les principaux médias possède une force pragmatique, qui agit sur les esprits par la position qu’elle prend par rapport à ses interlocuteurs, auxquels elle s’adresse comme ayant autorité ou même en semblant les ignorer par quelques poignées de main aux manants anonymes. Les références historiques, symboliques que d'aucuns trouveront belles et pleine de valeurs, se transforment de nos jours en campagne de publicité moderne qui veut prouver la richesse et la puissance de la marque, en l'occurrence ici l'Etat, qui l’a commandée, ce qui lui attire le respect et la confiance de l’acheteur…

Il est de la responsabilité de celles et de ceux qui savent, un peu ou beaucoup, décoder la communication par un ilot politique coupé des réalités quotidiennes de la grande majorité des citoyens d'éclairer la conscience populaire sur ce théâtre du pouvoir!

22:41 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11/05/2017

Ca gratouille, gargouille, magouille…

magouille.jpgLes grenouillages politiques, au nom du service à la France, vont bon train. Nous allons avoir droit comme dans tous les lieux de pouvoirs aux manœuvres fourbes, tractations douteuses et intrigues pour le partage du gâteau. Valls ou pas chez Macron? Hésitations encore. Il n'est évidemment pas le seul prêt à toutes les "combinazione" pour s’approcher de l’assiette! Macron, aussi fort soit-il, ne peut tout brûler sur son passage. Et de me souvenir de Machiavel, dont on a sans doute exagéré le cynisme, de préconiser à celui qui assiège une ville, de ne pas brûler les maisons et les champs, visibles des remparts, car alors les assiégés, ayant tout perdu, se battront jusqu’au bout. Tandis que s’ils voient chaque jour la récolte se préparer, ils seront prêt à toute négociation pour revenir s’occuper de leurs champs avant qu’il ne soit trop tard…

Macron, sous son apparence de sainteté politique, n'est pas un novice dans la magouille, un mot qui évoque magot et que les banques connaissent bien. Il sait ce que signifie regrouper dans une même filiale les sociétés qui leur assurent de colossaux bénéfices.

De toute façon, les populations vont trinquer, l’histoire se répète. Décidément, le renouveau annoncé n'est pas encore pour demain.

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10/05/2017

Macron: un homme "habité"

macron messie 1.jpgPlus je regarde des reportages sur le nouveau président de la France, plus je suis à la fois "attiré" et "terrifié". Cet homme a un étrange charisme. Il rayonne une sincérité mystérieuse. C'est indiscutablement un surdoué. Cet homme croit en son destin et cela m'effraie. Il déclare d'ailleurs croire en une forme de transcendance propre à chacun. Sa pensée et ses égéries philosophiques ont de quoi poser questions. Sous l'apparence d'une bonhommie de l'homme accommodant qui sait rassembler, se dégage aussi un profil intransigeant. La prédestination à laquelle il semble s'être senti appelé a quelque chose de religieux, relevant plus du protestantisme que du catholicisme. Cette prédestination calviniste montrant la dureté qu’il a fallu pour rompre la grande chaîne cosmique et politique des êtres, et faire place à une société plus libérale, plus individualiste. C'est ce à quoi il appelle: sortir de la peur, de la méfiance, par une sorte de conversion au monde capitaliste de demain. Mais qu'on ne s'y trompe pas. Doué en rhétorique, jamais avare d'une citation littéraire, le jeune fondateur d'En Marche n'est pas un philosophe égaré en politique. C'est essentiellement un banquier pragmatique. C'est un pur libéral qui n'a rien, ni philosophiquement, ni politiquement, d'une conception collectiviste de l'humanité. C'est la société de compétitivité. C'est le "aide-toi et le ciel t'aidera. Avant de se plaindre, il faut examiner et tenter toutes les solutions possibles. Une fois les efforts accomplis, on peut alors s’en remettre à la solidarité.

Non vraiment cet homme est bien plus dangereux qu'en apparence. Son emballement presque hystérique lors de meetings m'effraie. Ce qui attend les Français sera imprévisible et donc dangereux. C'est cette imprévisibilité qui l'a porté au pouvoir et attire encore aujourd'hui. Cet homme qui se dit vouloir un président "jupitérien, résolument au-dessus de la mêlée, pourra soit s'inspirer d’hommes d’État tels que Charles de Gaulle et François Mitterrand, soit de Bonaparte Napoléon ou des tenants du pouvoir absolu. Il a en tout cas réussi son premier coup de maître: diviser pour régner!

On me dira que cela concerne seulement les Français. Non, car hélas le macronisme risque de faire bien des émules en dehors de son pays.

08:00 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/05/2017

Les divorces politiques se multiplient

Je suis déçu des positions actuelles de Mélenchon et m'interroge sur le fait que cet homme au pouvoir pourrait finalement suivre l'exemple de Tsipras . Mais je suis aussi déçu des positions du PC. Traditionnellement "associés" au PS le PCF doit tous ses élus à cette "Union de la Gauche" qui leur permet d’exister encore. Après avoir lors des présidentielles soutenu et participé au résultat de Mélenchon dont le but annoncé est de devenir le leader de la gauche souhaitant au fond la disparition du PS et du PCF, ce dernier se trouve en situation délicate. La situation de crise avec les insoumis pour les candidatures aux législatives ressemble fort à une lutte de places. La stratégie de Mélenchon, intraitable et trop rapide pour établir une vraie négociation, coince. Souvenons-nous que les militants communistes avaient voté en interne la participation aux Présidentielles aux cotés de Mélenchon, contre l’avis de la majorité de leur bureau politique, qui pressentait sans doute les problèmes d'aujourd'hui. Comment maintenant expliquer aux militants du PCF qui ont pris une grande part dans la campagne des Insoumis avec affichage, tractage, claque aux meetings, etc. la bataille d'après élection présidentielle? Insoutenable et courant tout droit dans le mur pour le 3ème tour. La leçon que j'en tire est, et je le savais, que les amours et les amitiés en politique sont très fragiles. On le constate aussi bien aujourd'hui à gauche qu'à droite. Des alliances stratégiques et opportunistes sont toujours éphémères et se finalisent toujours par un divorce.

19:34 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

"Emmanuel Macron, les coulisses d'une victoire"

macro20.pngLa béatification de Macron se poursuit à rythme accéléré. Le reportage de FR1 sur les coulisses de sa campagne va même vers sa canonisation (processus établi par l'Église catholique et les Églises orthodoxes, conduisant à la reconnaissance officielle d'une personne comme 'sainte', et proposée alors comme modèle exemplaire de vie chrétienne). Le nouveau modèle politique est certes séduisant, excellent meneur d'une équipe compétente, efficace et dévouée. Cet homme " canon", sympa, surdoué, travailleur infatigable, bon époux, avait donc bien toutes les chances pour accéder au trône divin de l'Elysée. Le modèle exemplaire pourrait bien gagner son deuxième pari et jouir d'une majorité parlementaire le mois prochain. Il inspire l'espoir de la réussite personnelle du au mérite. On n'aura plus le bling-bling de Sarko et la banalité de Flamby. Il a le sourire de la chance et l'élégance du prince, nettement mieux que celui éternellement forcé de la capitaine Marine ou qu'un Mélenchon qui parle du bonheur avec une gueule grincheuse! Le piège est donc bien tendu, étudié, calculé, pour rendre la personne sympa et attrayante, sans trop parler de l'évangile antisocial caché sous son costume si bien taillé. Difficile donc de ne point tomber dans le chausse-trappe avec un appât si alléchant. Une partie de la classe populaire risque même de s'y faire prendre. L'organisation, le travail et le sacrifice pour sa ruche présidentielle risque bien pourtant d'être son modèle pour le peuple. Vive la république. Vive la France.

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07/05/2017

Un vainqueur surprenant

macron louvre.jpgIl  y a quelques mois, j'avoue humblement ne pas avoir cru à la victoire d'un candidat qui n'avait aucun appareil de parti le soutenant. Je me suis planté! Par contre, j'ai commencé à y croire en constatant la dynamique de son mouvement "en marche". Voir ses militants, souvent jeunes, faire du porte à porte, distribuer des tracts, demander l'avis des gens en arpentant la France, augurait une stratégie bien pensée et bien relayée par des médias. Réflexions et aspirations diverses trouvaient écho dans un homme jeune incarnant l'élan d'un renouveau, impossible pourtant à bien déterminer. Il incarnait dans des discours consensuels mais creux l'audace de s'opposer aux oligarques politiciens tout en recevant le soutien plus masqués d'une oligarchie intellectuelle, financière, bourgeoise. Des compagnons de route aux visages multiples: de vrais socialistes autant que des opportunistes sentant le vent favorable, des oligarques de droite et du centre tout aussi opportunistes. Macron plaisait de plus en plus. Aux discours pessimistes, il tranchait par un optimisme porteur d'espoir en cachant avec soin les mesures pour n'en garder que le concept porteur. Un homme qui croit à la force des paroles et de l'image pour arriver à séduire, tout en slalomant avec un objectif bien plus précis qu'en apparence. Macron est à mes yeux un pur libéral, philosophiquement honnête, croyant aux vertus individuelles et refusant tout dictat collectif. Mais c'est un libéral socialisant, sensible aux faibles mais ne croyant qu'à une méritocratie pour les sortir de leur triste sort.

La mise en scène soignée de sa victoire au Palais du Louvre est un symbole éclairant. C'est le plus grand palais européen. Il a marché seul sur le lieu historique de l'autocratie, ce régime politique où un seul individu détient le pouvoir, alors qualifié de pouvoir personnel et absolu. Un pouvoir qui tire son pouvoir de lui-même. Et la France aime les monarques royaux ou républicains. Ce palais est devenu musée, encore une fois à l'image de son brillant visiteur de ce soir, car Macron est le musée rénové par la pyramide de Mitterrand, mais encore et toujours gardien des vieilles architectures de la droite.

C'est donc ce pouvoir autocratique qu'il faudra briser aux législatives. Et cela n'est pas gagné. Le comble est que le nouveau prince réussira peut-être à faire passer les insoumis comme ringards et porteurs d'une contestation ancienne dépassée par la mondialisation.

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05/05/2017

Quand la rue est trahie

réssistance sociale.jpgA l'exemple américain, avec un Trump lançant le détricotage de la régulation financière, loin des accents populistes de la campagne où il prétendait dénoncer la trahison des élites, la France, non seulement avec le populisme de Le Pen (aussi menteuse que le président fou) mais aussi avec le libéralisme de Macron, risque bien le même sort. Son élection sera en tout cas bien une véritable bénédiction pour les banques. Il suffit de regarder l'optimisme de la bourse. Pour les autres, il ne faudra pas s'attendre au miracle providentiel d'un homme.

Comment espérer des réformes autres que celles favorables au patronat. Si tout n'est pas à rejeter dans la loi El Khomri qui a suscité tant de manifestations anti, elle est significative de toute une vision de société qui veut, sous couvert de flexibilité, soumettre le travailleur aux seules exigences du profit sans qu'il n'en tire une juste rétribution. Déroger aux accords de branches après consultation des employés directement concernés est la marque d'une fracture pour la démocratie sociale. Loin de l'objectif déclaré de faire évoluer un monde syndical, c'est en fait l'affaiblir. Cela fait partie du projet Macron.

L'argumentation macronienne est celle du monde de la finance. Non, les entreprises d'aujourd'hui ne sont pas par nature éphémères. Elles le sont par la course concurrentielle aux plus gros profits pour actionnaires. Bien entendu que les PME, elles, connaissent des difficultés spécifiques. Si elles ferment chaque année un peu plus, à qui la faute? Elles finissent souvent par la faillite, mais aussi par la reprise par des grands groupes qui finissent par avoir le monopole sur le produit. Que se passe-t-il aussi avec les start-ups tant vantées Macron. Après croissance où vont-elles? Et à qui va la plus-value lors de leur rachat? L'exemple chez nous de Marc Coucke, le CEO et fondateur d'Omega Pharma, est significatif. Il a vendu son entreprise à l'américano-israélienne Perrigo pour 3,6 milliards d'euros. Suite à cette cession, il a intégré le classement Forbes des hommes les plus riches du monde. Comment a été partagée cette richesse? Un peu facile de le vénérer à Ostende ou Durbuy!

L'élan spontané ou forcé vers les urnes pour élire celui qui prétend rassembler pour réformer risque bien de décevoir, une fois de plus, la grande espérance exprimée par la rue. Ce qui va se passer en France aura inévitablement une influence sur l'Europe et donc dans notre petit pays. Une vague macronienne se transformera en vague et flore microbienne infectant l'Europe et ses travailleurs.

Mais suis-je peut-être trop pessimiste. Reste toujours le bénéfice du doute à accorder au nouveau venu. Oui, mais assorti d'une vigilance accrue et surtout prêt à rejoindre les mouvements de résistance…

09:12 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |