mik dupont UA-70672535-1

18/02/2007

Lettre 129 ( week-end de folies...)

millenium

Cher ordi,

 

Je t’ai donc un peu quitté ce we pour entrer dans planète nuit avec mon mimi.

Comment te conter la folie du papy entrant avec lui dans l’étrange gaytitude sympa d’un nouveau bar liégeois ? Le vieux en hiver, lui au printemps sous le regard envieux d’hommes en quête, sous musique peu symphonique, d’étoiles nocturnes de lasers, de rencontres sérieuses, amicales ou de passages. Lui, surpris de sa jeunesse et d’un monde, disons majoritairement trentenaire, osant afficher la différence affective et sexuelle. Il devait être le plus jeune et moi le plus vieux !

Et puis, c’est qu’il est beau mon bel éphèbe, avec un corps de plus en plus athlétique, se vengeant un peu ainsi de ceux qui le prennent pour un minet de petit pd ! Superbes ses pecs qui résultent de tant d’exercices visibles sous son tshirt rose fashion…

Des yeux dans  la pénombre à vous faire craquer qui s’étonnaient des différences entre lesbiennes vues sur films x et celles qu’ils découvraient sur piste liégeoise.

Découverte pour lui aussi de mon ami François, que nous avions vu quelques heures plus tôt dans un pub, après être passés, non pas moi, Mimi… chez le bel  Antony, coiffeur talentueux de chez Dessanges. Mimi trouve mon jeune ami super sympa et intéressant. «  Dis, j’espère qu’il sort toute la soirée avec nous ? ». Oubli dans le pub du gel coiffant à peine acheté, mais peu importe !! Grrrrrrr jeunesse... mais pas perte des cartes que nous avions tapées dans un jeu où il s‘amusait de me battre.

Etrange soirée débutant, avant le bar musique, dans une belle pizzeria de quoi avoir le ventre nourri avant de se lancer après dans la mode et la ronde du goût sucré et doux des redbulls vodka. Retour appart. Sur le chemin papote d’une passante nous contant la misère de son mari paralysé. «  Dis, mais pourquoi, Mike, tu te fais toujours accosté par des gens à problèmes toi ? ». Plus de problème en tout cas, pour bain et câlins.

Papy, ensuite, se retrouvait dans ce qui n’est point pour lui étrange, mais abandonné depuis bien des années : les sorties en boîtes. Qu’à cela ne tienne, aimer c’est aussi partager des différences d’intérêts et repartir à la découverte de ce que nous jugeons futiles, voire débiles.

Mais Mimi, lui, n’étant plus sorti depuis trois mois, tenait à vivre sa première nuit liégeoise en invitant le vieux à garder la forme.

La boîte gay quittée, après l’au revoir à François, mon jeune hétéro et ami si particulier, tenait à rencontrer féminin de son millénaire. En avant toutes donc. Direction Boncelles pour le Millénium. Course pour savoir quel bus et où le prendre. Montée dans le dernier qui se rendait au Sart Tilman, d’où nous n’aurions que 15 minutes de marche, nous avait dit le chauffeur. Je vous indiquerais, nous dit aussi, un homme sympa à l’accent québécois avec lequel je fis causette tout le trajet ainsi qu’avec une autre dame, elle sicilienne, trouvant les gens d’Outre-Atlantique plus serviables que bien des  gens de chez nous. Ambiance conviviale de bus de banlieue différent de celui bien plus froid de notre ville capitale qu’habite Mimi. Il me le fait remarquer.

Il est passé minuit et nous voilà dans un petit chemin boueux pour rejoindre dans petite forêt la grand route de la discothèque bien connue des liégeois.

Mais qu’est-ce que je fais la moi !! Courage, il faut que Mimi trouve son plaisir. Il est en forme.

Accueillis par malabars de sorteurs en service, réclamant carte visite de Mimi (non mais quoi.. il est majeur quand même…) nous entrons dans l’arène jeunesse en quête de trip en gesticulation, pour moi ridicule, dans une musique à vous trouer les tympans et sous des lumières cosmiques à vous démolir les pupilles, sans parler de la crache de nuages aussi vaporeux que la gente féminine qui croit devoir se frétiller en rythme carnavalesque! Un vrai zoo d’humains avec comme cages des podiums et comme sans doute unique visiteur un vieux résistant mal à cette faune en quête de s’éclater et d’oublier soucis de la semaine en se plongeant dans l’individualisme de gestes de mains et de culs. Dialogue représentatif du siècle ? On a plus rien à se dire ?

Bon papy déconne et ne comprend rien… Le but est juste de se vider l’esprit ! Bon d’accord, mais ils n’ont pas l’air d’en avoir beaucoup !

Papy résiste un peu plus d’une heure. Mimi sent de plus en plus l’ambiance et moi de plus de plus mes tympans se boucher et les mirettes s’aveugler sous des lanternes qui n’ont pour moi aucune magie.

-« Non, non, on  ne retourne pas, mais tu comptes rester encore longtemps ? »

- « Deux heures encore au moins ! »

- « Ok, mais moi j’ai l’overdose là. Je te laisse et vais tenter de trouver non loin endroit plus calme. Je reviens dans une bonne heure ».

De l’air oui, oh que c’est bon le silence de la nuit !

Je trouve brasserie calme, ouverte jusqu’à 4h du mat. Un bon café, un croque monsieur (tiens –tiens.. lol.). Un trio assez original entre. Rouspétance de la dame qui peut aller fumer dehors en prenant son verre. Echange peu commerçant. Le ti chien se met à courir dans la brasserie. Rappel du gérant de devoir tenir celui qui n’a rien d’un fauve en laisse. La dame outrée en a l’appétit coupé, sort et prie de ne point payer son plat… Ambiance quoi !!

Le monde est fou, autant que moi qui laisse là passer le temps dans le rêve d’enfin partager une nuit (ce qui va en rester) auprès de Mimi, qui, il est vrai, m’a déjà bien câliné la journée.

Et le film de ma vie se met un peu à tourner. Pas triste du tout, même si certains passages moins gais et gays, mais nul regret dans l’ensemble. J’y ai et j’y goûte toujours à cette vie. La preuve en est ici. Non je ne m’emmerde pas trop là assis devant mon café. J’ai la joie de l’avant, du pendant et de l’après d’où m’entraîne une sexualité hybride, peu nette, mais tellement palpitante.

Retour à la disco et appel au taxi.

Je me retrouve au lit, enfin, et dans les bras de mimi. Première fois que je goûte dans la nuit presque achevée son souffle dormant et le court repos d’un corps qui se cherche mais qui sait m’offrir la saveur de sa sève.

Petit déjeuner avec croissants chauds achetés au réveil de 9h.

Et je suis fatigué, fatigué de bonheur pris et offert.

Week-end magique, instructif, tonitruant, mais surtout aimant.

Dis, papy, t’as quel âge ? Qu’importe, tant que je peux encore plonger dans les bonheurs éphémères du corps, plus brefs sans doute que ceux de l’esprit, mais inégalables en intensité.

Dis, papy, pourquoi tant de questions ? Parce que j’aime ne point trouver les réponses !!

Merci Mimi… Merci François. Merci vous qui m’aimez dans toutes mes contractions et passions.

Mik.

costa 079