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03/02/2007

Lettres 118. ( aux ami(e)s en souffrance)

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Cher ordi,

Je t’avoue avoir souvent envie de me taire. Terrible parfois d’entendre comment les gens tentent de se persuader dans les paroles qu’ils vous disent, qu’ils se disent, de ce qu’ils sont dans le bon, le juste, la vérité, etc.… Et moi je vois l’illusion !

Illusion de croire que c’est parce qu’on dit qu’on s'en fout, que c’est réellement le cas.

Illusion de croire que parce qu’on se dit et qu’on dit qu’un tel ou une telle vous est devenu indifférent que cela soit le cas.

Illusion de croire que c’est en répétant je suis amoureux, je l’aime que c’est bien ainsi.

Je préfère mille fois l’aveu de nos incohérences, l’aveu de ce que nous sommes perdus, que nous ne voyons plus clair en nous mais que nous agissons, plutôt que t’entendre à longueur de temps des certitudes ou des exitations de sensiblerie, qui ne font que cacher nos fragilités.

Car, pourquoi parlerions-nous de choses ou de personnes qui, soi-disant, ne nous intéressent plus ?

Pourquoi amènerions nous à discussion ce que nous voudrions qu’on ne parle plus ?

Ah pauvres hommes que nous sommes. Pourquoi ne pas admettre nos contradictions, plutôt que de courir dans l'impossible rêve et de perdre dans les chimères notre harmonie bien illusoire.

Toujours nous serons seuls, avec une solitude rompue par tant de moments de bonheur, si nous acceptons que l’autre ne puisse combler ce qui est le drame de notre condition humaine !

La Saint Valentin approche. Je ne puis que souhaiter le partage le plus réel ou le plus illusoire entre ceux qui s’aiment.

Et ne croyez pas que je suis triste, amer, découragé, pessimiste. J’ai simplement l’illusion ou non que je suis réaliste, idéaliste, fort et fragile, homme d’espérance et de désespérance.

Car plus qu’homme de discours, je suis, je crois, homme aimant et troublé par tant d’êtres que j’aime et que j’aimerais voir plus épanouis en s’acceptant mieux dans leurs contractions permanentes. De les voir aussi accepter cette solitude fondamentale et abandonner la route de l’inaccessible étoile pour mieux goûter aux rayons possibles des moments éphémères de partages denses qui laissent parfois le goût amer du manque mais pas du vide…

Ordi, dis leur que je les aime, avec et comme je suis!

Mik.