mik dupont UA-70672535-1

15/01/2007

lettre 107 ( paroles et silences)

Cher Ordi,

Le temps de ce beau week-end est déjà passé. Il reste pourtant là, avec la présence de celui qui est venu samedi.

Et je retrouve le silence, celui que j’aime.

J'ai aussi ta compagnie, pour m'informer et partager.

Avec l’âge, j’ai appris à moins parler, à plus écouter les autres et mes murmures intérieurs.

Je souris souvent de toute la salive dépensée auparavant pour des petites causes qui me semblent aujourd’hui bien futiles et qui me barraient la compréhension.

Avez-vous déjà remarqué que lorsque vous parlez un peu de vous, votre interlocuteur a la fâcheuse tendance de vous dire : «  oui, c’est comme moi… », ramenant toujours vos dires à ses expériences. Il veut surtout s’exprimer sur toutes ses petites histoires, bien plus que de vous écouter. Une espèce de nécessité, parfois, d’être en permanence reconnu comme quelqu’un de bien et d’unique, sans qui l’autre ne pourrait pas bien vivre. C'est souvent intéressant, mais difficile de décoller de sa petite personne pour discuter un peu d'autre chose, d'une idée, d'un livre, d'une musique, d'un film, ou que sais-je.

Je crois avoir été ainsi, et il doit en rester hélas quelques traces. Comme je vis la majorité de mon temps dans le silence, dès que je me retrouve en groupe, j’aime encore parler beaucoup, trop probablement.

J’ai, depuis quelques années, découvert le privilège de mieux sourire et de parler un peu moins, de diminuer cette espèce d’orgueil qui veut se positionner comme porteur du bien de l’autre.

Je reste un passionné, mais ma passion dépasse le ressenti pour tenter une meilleure connaissance par l’ajout de la raison et de la conscience de qui je suis et  de ce que je perçois un peu chez l'autre.

Mik.