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17/01/2007

Lettre 108 ( deuil)

 

3Cher ordi,

 

Je t’adresse cette lettre avec une pensée toute spéciale pour une amie qui vient de perdre un être cher.

J’avoue toujours sentir un profond malaise devant le deuil qui frappe des êtres que j’aime.

Je comprends bien les effusions de larmes, ressens ce coup de poignard au cœur quand un être aimé meurt, pour l’avoir vécu déjà quelques fois.

Et il me revient toujours cette parole de sagesse de quelqu’un de très simple qui me disait, alors que je pleurais devant le cercueil de mon premier amant : tu sais, c’est toi qui a mal, lui, il ne l’a plus…

Il avait raison. Je pleurais sans doute sur moi-même, sur mon sort, sur l’absence sans retour, sur tout ce que j’aurais pu dire et ne s’était jamais dit, sur ma solitude.

Aujourd’hui, avec le temps qui a passé, je suis de plus en plus confronté à ma propre mort, avec ce désir, un peu orgueilleux, de laisser quelques traces indélébiles, comme si cela allait alléger le départ vers le néant ou une autre forme de vie.

Je me dis aussi que j’aurais eu la chance de pratiquer bien des possibles dans mon existence,d’ y avoir goûter bien des joies qui valaient sans doute bien toutes les peines qui, comme chacun d’entre nous, ne m’ont pas épargné et que j'ai causées.

Il en va probablement de même pour bien des êtres aimés qui nous quittent, avec tout ce qu’ils ont donné ou pas, tout ce qu’ils ont reçu ou pas.

Mais que pleurons-nous, au fond, dans cette absence qui n’a de retour vivant que le souvenir que nous gardons de ceux qui sont partis dans le fini ou l’infini ?

Sans doute aussi ce lien, de sang, d’amour, d’amitié qui se brise dans la dernière forme de la contrainte que nous avons tous, celle de mourir.

Mik.

00:35 Écrit par mik dans Général | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : philo |  Facebook |