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26/01/2007

Lettres 113. (Ordi et scolarité.)

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Cher ordi,

 

Etonnant de voir comment tu entres dans la vie quotidienne des gens. Plus encore dans la vie des jeunes qui, hélas, t’emploient plus pour jouer que pour s’instruire.

Peut-être que là encore, tu vas devenir source d’inégalité sociale.

Que penser du jeune qui n’a pas d’ordi chez lui ou à qui les parents ne suscitent pas l’éveil à la curiosité de choses qui en valent la peine ?

De même qu’auparavant le processus cinéma, illustrés débiles, télé à outrance relevaient  à la fois d’oublier la réalité, d’oublier les inquiétudes psychologiques et de « transférer » sa personnalité dans le rêve, le même processus explique sans doute chez beaucoup le succès du net et de l’ordi.

Comment, nous adultes, procéder pour faciliter ce passage qui sépare le rêve de l’enfant de la réalité sociale qui attend l’adolescent et plus encore le jeune adulte ?

Je n’ai jamais trop cru à l’imposition de normes, cependant parfois utile, pour l’aider à épanouir sa personnalité propre.

J’ai trop souvent vu des individus qui comme blessés dans leur affection, offensés dans leur orgueil ou découragés par un échec se referment encore plus sur eux-mêmes.

Mieux que réprimer ou déclarer l’ordi interdit, c’est probablement  tenter de trouver un compromis en éveillant le jeune à d’autres moyens d’expressions personnelles et lui faire vivre la joie de rencontres autres que celles du virtuel.

Passer de l’adolescence et du monde des rêves à l’âge adulte des réalités sociales passe souvent par une bonne et bien utile révolte. Remettre en cause nos soi-disant bonnes vieilles bonnes méthodes est même souhaitable. Cela débarrasse souvent le jeune d’une espèce de complexe d’infériorité.

Les jeux de rêve, que tu offres, cher ordi, ne doivent pas occuper toute la vie, la nôtre mais encore plus celle des jeunes.

Entre l’ordi, la télé, les sorties en boîtes, il y aura encore la vie familiale, l’école, l’université peut-être.

Ah, cette fameuse école ! Dramatique parfois, comme il vient encore de se passer à Dinant.

Je l’ai, comme beaucoup, perçue comme une grande contrainte, tout au long de mes études.

Rien n’a à ce point de vue changer je crois. Cette contrainte sera suivie avec plus ou moins de peine selon que le jeune y trouvera un obstacle, un dérivatif ou un aliment pour sa personnalité profonde.

Je m’amuse aussi parfois en observant chez mes petits neveux et nièces la reproduction ce que nous avons parfois connu quand nous pouvions résoudre une équation devant laquelle notre père restait impuissant, ou d’apprendre une langue ignorée de la famille.

Eux, c’est plutôt dans le surf du net, dans «  laisse moi faire » devant l’ordi qu’ils tentent de prouver leur supériorité.

Bien, cher ordi, j’écris, j’écris et me voilà encore avec un post trop long, alors que je ne savais, comme souvent, quel sujet abordé.

Je vais un peu me calmer ce week-end, en t’abandonnant, tout en étant heureux de retrouver des amis blogueurs dimanche à Yvoir.

Et un beau samedi s’annonce aussi, puisqu’il vient, celui qui m’inspire d’ailleurs bien des posts !

Bon week-end à toutes celles et ceux qui passeront par ici, avec le courage ou non de me lire.

Mik.